Références, bibliographie et extraits de presse

1 – Avis et proposition du « Conseil National des villes » – 2003 :

« MIEUX VIVRE ENSEMBLE » (février 2003)
Immigration / Intégration
approche individuelle / approche collective
« MIEUX VIVRE ENSEMBLE »
Avis et propositions du Conseil National des Villes
A Monsieur Jean-Louis BORLOO,
Ministre délégué à la ville et à la rénovation urbaine

Vivre ensemble à l’école
L’école devrait être le vecteur privilégié d’intégration des enfants issus de l’immigration. Au lieu de cela, elle est parfois perçue comme consacrant les clivages.

En effet, l’école, qui sait mal développer des relations avec les parents d’élèves, a encore plus de difficulté face aux parents d’origine étrangère : méfiance, voire peur réciproques caractérisent souvent ces relations entre parents et enseignants, au détriment des enfants.

A ceci s’ajoute le problème de la sociologie du corps enseignant qui ne reflète pas la diversité de la population (classe sociale, origines) et est mal préparé à gérer la diversité sociale et culturelle.

Par ailleurs, confrontée à la question de l’intégration d’élèves en difficulté, notamment dans les parcours généraux, l’institution scolaire se tourne trop souvent vers le recours à des filières ciblées, avec une tendance à « socialiser » plutôt qu’à « éduquer ». Ce phénomène se double d’un constat de « l’ethnicisation » des rapports sociaux qui renvoie l’élève, non pas à une identité objective fondée sur sa condition de jeune citoyen, sujet de droit, mais à une représentation dévalorisée de son identité culturelle, familiale et sociale, qui réduit sensiblement ses perspectives de développement individuel.

L’enseignement compense insuffisamment ces perceptions en n’abordant souvent la question des droits et de la citoyenneté que sous l’angle de la lutte contre la violence.

Les « quartiers ghettos » génèrent en conséquence, des « établissements scolaires ghettos » et une « culture ghetto » dont il est difficile de sortir. Le problème fait tache d’huile avec les facultés, dont certaines se ghéttoïsent aussi, véhiculant une mauvaise image, rendant difficile l’accès à l’emploi pour les jeunes qui en sortent, dévalorisant, en retour l’intérêt de la scolarité. Pour contrecarrer ces dérives et convaincre de la capacité des jeunes issus de familles et de quartiers en difficulté de réussir, aussi, dans des parcours d ‘excellence, des expériences telles que celle développée par l’IEP doivent inspirer d’autres écoles et universités.

2 – Livre « La fabrique du crétin : La mort programmée de l’école» du Professeur Jean-Paul BRIGHELLI – 2005 :

Jean-Paul BRIGHELLI. Professeur agrégé de Lettres a publié : La fabrique du crétin (Editeur Jean-Claude Gawsewitch). Dans cet ouvrage, il essaye d’analyser avec lucidité, cette école de la réussite devenue si souvent école de l’échec programmé.
Résumé :
Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu’on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d’années ce qui fut l’un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. Faut-il incriminer les politiques, les profs, les parents, les syndicats, les programmes ? En tout cas, la Nouvelle Pédagogie a fait ses ‘preuves‘ : l’école a cessé d’être le moteur d’un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent. Dès lors, que faire ?

3 – Résultats du test PISA – 2006 :

Les résultats de la France aux tests PISA (Program for International Student Assessment) de 2006 – qui comparent les résultats scolaires des élèves de 15 ans dans 30 pays de l’OCDE – la classent en 17ème rang en compréhension de l’écrit et en culture mathématique et au 19ème rang en culture scientifique, alors que le budget de l’Education Nationale est le premier du pays.Education Nationale Pisa 2006
Résultats du PISA 2009 : Synthèse :OCDE synthèse Pisa 2009

4 – Bilan de l’école primaire 2007 :

Le Haut Conseil de l’Education, dans son bilan de l’école primaire de 2007,
Haut Conseil de l’Education – Bilan 2007
Révélait qu’en 2007, la France comptait 300.000 élèves en sortie du CM2, que 3.000 écoles primaires atteignaient ou dépassaient 11 classes, que l’effectif moyen d’une école est d’un peu plus de 100 élèves et que  15% de ces élèves connaissaient des difficultés sévères ou très sévères en fin de CM2, ce qui représente 45.000 élèves.
Voici quelques extraits significatifs de ce rapport :

Les difficultés, identifiées dès le début de la scolarité, s’aggravent avec le temps.
Ainsi, les élèves qui sont en difficulté dès leur entrée au CP le sont toujours, dans leur quasi-totalité, par la suite : l’école élémentaire ne permet pas, en général, de réduire les difficultés repérées au début de la scolarité obligatoire. Au contraire le problème s’amplifie tout au long du parcours scolaire.
De 1989 à 2000, les effectifs des élèves ont diminué de 5,5 %, et le nombre des maîtres “sans classes” a augmenté de 12 % (39 000 à 43 400). Les missions confiées à ces maîtres concernent essentiellement les remplacements et les décharges des directeurs d’écoles (77 %), besoin qui n’a pourtant pas augmenté. En 2000, seuls 14 % d’entre eux étaient affectés à la mise en œuvre des actions éducatives d’initiative nationale (animation et soutien en zones d’éducation prioritaire – ZEP -, technologies de l’information et de la communication pour l’éducation – TICE -, langues étrangères et régionales…) ou locale (conseillers pédagogiques).
En 2010, la France compte 59 953 étudiants en IUFM dont 3 396 à Paris.

5 – Film – 2008 :

« Entre les murs » (Palme d’or au festival de Cannes 2008) de Laurent CANTET
Outre, le fait que cela soit un film avec le côté un peu exagération ou concentration de cas particuliers.
Il montre néanmoins bien le manque d’éducation de ces jeunes collégiens de 13, 14 ans pour beaucoup issus de l’immigration et surtout les problèmes de communication en grande partie dus au fait que ces jeunes ne comprennent pas des mots pourtant tout simples comme « trompeur, succulent, cocher, spirituel ou désormais ».
Ces problèmes de communication entraînant des incompréhensions, des frustrations, des replis sur soi-même, pour finir parfois par de la haine.
Il montre aussi l’incompréhension de nos valeurs occidentales qui ne sont pas en phase avec leurs valeurs.

6 – Bilan de l’école primaire – 2010 :

Dans son rapport de 2010 concernant le collège, le constat est encore plus édifiant
Haut Conseil de l’Education – Bilan 2010

Non seulement le collège ne parvient pas à réduire les inégalités scolaires d’origine sociale, mais il aurait même tendance à les accroître…
On observe un creusement des inégalités de réussite imputables à l’origine sociale entre le début de la sixième et la fin de la cinquième : on estime que les écarts qui se créent en deux ans entre les élèves issus de milieux défavorisés et les autres sont équivalents à ceux qui se sont créés pendant toute la scolarité à l’école primaire.
Au cours des dernières années, le climat général des établissements s’est dégradé : les actes de violence et les incivilités se sont multipliés, le « cyber-harcèlement » s’est développé (envoi de courriels ou de SMS diffamatoires, vidéo-lynchage, création de blogs « anti-profs ») : tout cela contribue à faire du collège un lieu de tension et de désordre où ce ne sont pas seulement les conditions d’enseignement qui sont compromises, mais aussi le « vivre ensemble ».
Le collège hérite des déficiences de l’école primaire
L’incapacité de l’école primaire à faire acquérir à tous les élèves les compétences attendues à la fin du CM2 est connue. (Voir bilan 2007 sur l’école primaire du Haut Conseil de l’Éducation)
le collège ne parvient pas à résoudre les difficultés rencontrées par ses élèves, mais celles-ci proviennent, pour l’essentiel, de lacunes antérieures qui n’ont pas trouvé de solution à l’école primaire.

7 – Rapport du député UMP Jacques GROSPERRIN – avril 2010 :

Le député UMP Jacques GROSPERRIN dans son rapport d’avril 2010, considère le collège français comme un « lieu de souffrance »

8 – Interview du 14 juin 2010

Au sujet du projet GIVE1PROJECT
Paul Patin (porte parole de l’ambassade américaine) « Il est tellement plus facile de haïr quelque chose que l’on ne connaît pas. Le but est de promouvoir la connaissance toujours meilleure que l’ignorance »
« Plutôt que de chercher ce que cache l’intérêt des américains pour les banlieues
, conclut Rokhaya Diallo (Présidente de l’association « Les Indivisibles »), les politiciens français feraient mieux de se demander pourquoi eux ne misent pas sur les futurs leaders identifiés et encouragés par l’ambassade » Encore faudrait-il qu’ils les connaissent.

9 – Rapport de Jean-Marie BOCKEL – novembre 2010 :

Dans son rapport de novembre 2010, Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’Etat à la Justice, démontre l’augmentation de la délinquance des mineurs et ses propositions confirment les relations entre le manque d’éducation et ses conséquences.

http://www.elysee.fr/president/root/bank_objects/Rapport-Bockel-_La_prevention_de_la_delinquance-des-jeunes.pdf

 

10 – Rapport 2010 de l’ONZUS – Décembre 2010

Près de 43% des jeunes hommes de banlieue sont au chômage. Le taux de chômage des jeunes s’est aggravé en 2009 dans les quartiers pauvres, touchant 43% des garçons et 37% des filles, selon un rapport de l’Observatoire National des Zones Urbaines Sensibles (ZUS).

http://extranet.ville.gouv.fr/docville/RapportONZUS2010/EMPLOI.pdf

 

11 – Baromètre annuel de l’AFEV – 2010 :

L’Association de la Fondation des Etudiants pour la Ville (AFEV) dans son baromètre annuel 2010 met l’accent sur la souffrance à l’école.

73,3% des enfants interrogés n’aiment peu, voire pas du tout, aller à l’école.

 

Ceci peut sembler, en quelque sorte, assez normal, car qui aime « travailler » ?

Mais, là où cela fait le plus mal, c’est quand on lit les raisons pour lesquelles ils n’aiment pas l’école :

 

23,7% disent s’ennuyer souvent voire tout le temps en classe.

52,8% reconnaissent avoir été victimes de violences dans l’enceinte de leur école.

 

Le sentiment d’échec scolaire et le manque de confiance en soi sont partagés par plus de la moitié des élèves qui disent penser ne pas pouvoir répondre aux attentes de l’école.

 

Les élèves interrogés se plaignent à 39% de troubles du sommeil et à 35,9% de maux de ventre, qu’ils attribuent pour un tiers au stress lié à leur scolarité.

 

12 – Livre « On achève bien les écoliers » du journaliste Peter GUMBEL (GRASSET) – 2010 :

 

Peter GUMBEL, journaliste britannique devenu professeur à l’école de journalisme à SCIENCES-PO Paris, dans son livre « On achève bien les écoliers » (Grasset, 2010) vilipende le système scolaire français. Père de jeunes filles scolarisées en France, il critique une école qui humilie et casse les élèves à coups de remarques et de notes blessantes, qui ne sait pas mettre l’accent sur les progrès de l’élève et qui manque totalement d’empathie pour les écoliers.

 

En résumé, s’ils sont issus des milieux favorisés, les élèves stressent pour ne pas être exclus de l’excellence et s’ils grandissent dans un milieu défavorisé, ils rament pour ne pas être éjectés du système sans diplôme, comme c’est le lot de 120 000 jeunes chaque année.

 

Malgré l’ennui, la violence et la peur des mauvaises notes, l’enquête de l’AFEV montre que ces élèves en grande difficultés sont 57,2% à percevoir leurs enseignants de manière positive et estiment qu’ils s’intéressent à eux.

 


13 – Rapport du Ministère de l’Education Nationale – 2010 :

 

44 000 incidents graves ont été déclarés dans les 7 000 collèges français en 2008-2009. Selon le Ministère de l’Education Nationale, c’est légèrement moins que l’année précédente. Mais 44% des établissements n’en ont déclaré aucun.

 

25 000 conseils de discipline se sont déroulés lors de l’année scolaire 2008-2009. Les trois quarts se sont soldés par l’exclusion définitive de l’élève.

 

44% des violences commises dans un établissement scolaire le sont à l’encontre d’un personnel adulte. Dans la grande majorité des cas (70%)  la violence est verbale.

 

14 – Rapport « Refuser l’oppression quotidienne : la prévention du harcèlement » d’Eric DEBARDIEUX – 2011 :

Harcèlement à l’École :

consultez le rapport « Refuser l’oppression quotidienne : la prévention du harcèlement à l’École »

http://www.education.gouv.fr/cid55899/prevention-du-harcelement-a-l-ecole-consultez-le-rapport-d-eric-debarbieux.html

 

Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, a reçu le rapport d’Éric Debarbieux, président du Conseil scientifique des États généraux de la sécurité à l’École, sur le harcèlement scolaire le 12 avril 2011.
Il s’agit d’une synthèse basée sur la recherche et sur une série d’auditions et de témoignages recueillis au sujet du harcèlement entre élèves à l’École. Le rapport « Refuser l’oppression quotidienne : la prévention du harcèlement à l’École » présente 15 propositions pour lutter contre le harcèlement à l’École.
Ces propositions sont structurées autour de quatre thèmes : connaissance et reconnaissance du harcèlement entre pairs, formation et intervention, mobilisation collective. Elles feront l’objet du débat avec la communauté éducative lors des assises nationales sur le harcèlement à l’École, les 2 et 3 mai 2011.

 

15 – Etude « Les revenus et le patrimoine des ménages » INSEE – 2011 :

Le niveau de vie des descendants d’immigrés est inférieur à celui des enfants de parents nés français

Selon une étude, publiée jeudi 28 avril par l’Insee, sur les revenus et le patrimoine des ménages, le niveau de vie des descendants d’immigrés en France est inférieur à celui des enfants de parents nés français. L’étude montre que les enfants d’immigrés sont davantage exposés à la pauvreté mais les écarts peuvent varier fortement selon leur origine : le risque d’être pauvre se révèle ainsi plus élevé pour les descendants d’immigrés africains que pour les descendants d’immigrés d’Europe.

 

En 2008, 21,1 % des descendants directs d’immigrés vivaient en dessous du seuil de pauvreté (établi à 60 % du niveau de vie médian), contre 10,6 % des Français nés de parents français, et 28,5 % des immigrés. Le niveau annuel moyen des revenus d’un descendant d’immigrés s’élevait à 19 570 euros en 2008, soit 10 % au-dessus de celui des immigrés (17 820 euros), mais 14 % en dessous de celui des Français de parents nés français (22 810 euros).

Ces chiffres ne concernent que la France métropolitaine, où une personne sur dix est descendante directe d’immigrés, c’est-à-dire qu’elle est née en France d’au moins un parent immigré, rappelle l’Insee dans son étude.

 

PARMI LES EXPLICATIONS, LA JEUNESSE DES DESCENDANTS D’IMMIGRÉS

Le niveau de vie moyen des descendants d’immigrés est notamment pénalisé par la jeunesse relative des descendants d’immigrés qui vivent en France, qu’ils soient français ou étrangers : 35 % d’entre eux ont moins de 18 ans, contre 22 % chez les Français nés de parents français, et 6 % chez les immigrés. « Or, ce sont les jeunes qui font le plus souvent partie des personnes ayant les niveaux de vie les plus faibles », souligne l’étude. « Ils sont nombreux à ne pas avoir de revenus et à dépendre des ressources du ménage dans lequel ils vivent. » Autre facteur discriminant : la situation des descendants d’immigrés sur le marché du travail.

Les chômeurs sont également plus nombreux parmi les descendants d’immigrés (11 % des actifs) que parmi les Français de parents nés français (7 %), et les descendants d’immigrés sont moins souvent cadres (13 %) ou professions intermédiaires (22 %). La moitié des descendants d’immigrés ont un père ouvrier et 47 % une mère inactive.

 

ÉCARTS NON NÉGLIGEABLES SELON L’ORIGINE DES PARENTS IMMIGRÉS

L’étude met surtout évidence des écarts non négligeables selon l’origine des parents immigrés : l’écart de niveau de vie par rapport aux Français de parents nés français n’est que de 1 % pour un descendant d’un ou deux parents originaires d’un pays européen, mais il atteint 30 % lorsque le ou les parents ont émigré d’un pays d’Afrique. Pour l’Insee, ces différences s’expliquent notamment par « l’ancienneté » de l’immigration : les vagues d’immigration de l’Europe vers la France étant plus anciennes que les vagues d’Afrique, le temps a favorisé le processus d’intégration.

Plus étonnant, précise l’Insee, au-delà de 25 ans, le niveau de vie des descendants d’immigrés européens dépasse celui des Français de parents nés français. Un écart de l’ordre de 6 %, précise Jean-Louis Lhéritier, chef de département à l’Insee. Si l’institut ne donne pas d’explication détaillée sur ce point, Jean-Louis Lhéritier note qu’une partie des enfants d’immigrés européens ont des parents venus vivre en France pour y occuper des fonctions de cadre ou de haut niveau dans des multinationales.

 

16 – Journal Le Point du jeudi 27 janvier 2011.

En 2007, Nicolas Sarkozy promet qu’il occupera les « orphelins de 16 heures », ces enfants et adolescents qui une fois sortis de l’école n’ont personne pour les prendre en charge. Dès le mois de juillet 2007 Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale met en place l’accompagnement éducatif dans les collèges situés en zone prioritaire (ZEP). A la rentrée 2009, le ministère a renoncé à ce beau dessein, Même s’il est difficile de recueillir des chiffres précis, il semble que 3 000 écoles sur 55 000 aient accueilli durant l’année scolaire 2009-2010 des orphelins de 16 heures.

 

Philippe MEIRIEU – Professeur à l’université Lumière – Lyon II, Vice Président de la région Rhône- Alpes.

On ne comprend pas comment depuis près d’un siècle, la France tâtonne avec son école. Elle a cru y démocratiser la réussite quand elle n’en a démocratisé que l’accès. Et quand l’échec s’est fait patent les responsables ont tenté d’en réformer les structures et d’en adapter la pédagogie. Avec un amateurisme préoccupant il faut bien l’avouer. Et un inquiétant manque de courage … Mais on ne peut pas, pour autant, leur imputer totalement la crise de l’éducation ni l’effondrement de la maîtrise de la langue. Comme si l’école était un vase clos ! Comme si nous n’avions pas une responsabilité collective dans l’abandon général des exigences langagières, le triomphe du zapping et de la communication « en temps réel », l’effondrement des lieux de paroles entre les générations, etc.

 

Antoine Compagnon – Professeur de lettres, titulaire de la chaire de littérature française au collège de France et membre du Haut conseil de l’éducation.

Les maux de notre école viennent-ils d’une baisse des exigences ?

C’est bien plus compliqué. La baisse du niveau suivant une idée reçue, serait due à la pédagogie  qui a inspiré les programmes du secondaire, notamment en français. J’en doute, car l’essentiel se joue avant, dès le primaire. Et les fondamentaux de l’école élémentaire – Lire, écrire, compter restent les mêmes. N’idéalisons donc pas l’école de la IIIème République, qui laissait tomber les cancres. Si tous les élèves ne maîtrisaient pas la lecture et le calcul, tant pis, car on pouvait s’employer et vivre bien sans cela. Mais le monde a changé, et ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, les 150 000 jeunes qui quittent l’école chaque année sans qualification sont promis à l’exclusion.

 

17 – Journal Métro du jeudi 7 avril 2011 :

« La violence se banalise, s’institutionnalise pratiquement. Les enfants connaissent par cœur les jeux dangereux » estime le Major Marc BARDELANG, chargé de la mission de prévention au commissariat du IX ème arrondissement de Paris.

 

Le « petit pont massacreur », le « jeux du foulard » ou le « happy slapping » qui consiste à filmer un camarade passé à tabac, ils connaissent. Pourtant, Haron, Inès, Thibault et leurs camarades ne sont qu’en sixième, dans une classe paisible au collège Lamartine, où le commissariat du IX ème organise une semaine de prévention de la violence.

 

18 – Journal Direct Matin du jeudi 7 avril 2011 :

La ville de Paris aide les familles monoparentales :

27% des familles parisiennes (soit 70.000) sont monoparentales, contre 22,5% dans la région Ile-de-France et 20% en France.

40.000 d’entre elles ne sont constituées que d’un enfant.

85% des familles monoparentales parisiennes sont construites autour de la mère.

39% de ces familles sont considérées comme ayant de bas revenus (900€ pour un parent et deux enfants), contre 20% pour les familles avec deux conjoints.

 

19 – Journal Direct Matin du mardi 12 avril 2011 :

Rappelez-vous ce sondage qui attribuait aux français la quatrième place sur cinquante-trois au classement du pessimisme, ex æquo avec les Ukrainiens, et juste derrière les Serbes, les Russes et les Tchèques. Comment expliquer la sinistrose d’une société où il y a beaucoup à faire, certes, mais où la situation n’a rien à voir avec celle des Irakiens ou des Ghanéens, pourtant plus optimistes ? Est-ce génétique ou culturel ?

 

« Au niveau individuel, il y a deux déterminants. L’un est génétique, l’autre dépend de l’environnement, de l’histoire individuelle et va modifier le premier »  explique le neuropsychiatre BORIS CYRULNIK. 15% de chaque population de mammifères sont de petits transporteurs de sérotonine, une substance naturellement euphorisante. Théoriquement, ils souffriront plus face à un coup dur de la vie que les gros transporteurs de sérotonine. Sauf que l’environnement intervient, en particulier les conditions de sécurité affective dans lesquelles grandit un enfant. « Un petit transporteur de sérotonine élevé dans un milieu affectif stable sera équilibré, poursuit le neuropsychiatre. A l’inverse, un gros transporteur élevé dans un milieu carencé va devenir vulnérable. »

 

Le pessimisme a aussi des déterminants collectifs, comme l’environnement familial, social. « Cette perception négative du monde se développe plus facilement dans les familles rigides, recroquevillées sur elles-mêmes, et dans celles où l’on souffre de la précarité sociale », analyse le théoricien de la résilience. Les structures péri-familiales (associations sportives, culturelles, universités, écoles) peuvent compenser en offrant des substituts affectifs qui permettent un développement équilibré.

 

« Les Américains, qui vivent dans un pays au tissu associatif riche, et où les parcours scolaires sont très flexibles – on peut être mauvais élève dans le secondaire et excellent à l’université, contrairement à la France – sont plus optimistes », explique Boris CYRULNIK. Dernier point : « La manière dont se raconte une société joue aussi dans la vision que l’on a du monde. Dans les années d’après-guerre, les gens étaient incroyablement optimistes, la réalité était très difficile mais on avait des projets d’existence, ce que ne propose plus notre culture aujourd’hui aux jeunes », regrette-t-il.

La culture joue assurément un rôle dans notre vision du monde. « Nous avons en France une sorte d’obligation d’afficher notre pessimisme. C’est une sorte de conformisme social. On n’ose pas dire qu’on est optimiste, comme si c’était une obscénité », analyse Michel LEJOYEUX, professeur de psychiatrie à l’UFR de médecine de Paris VII.

L’optimiste serait considéré comme niais, à l’inverse de la société américaine qui valorise cette tournure d’esprit. « Au fond, poursuit Michel LEJOYEUX, Les Français sont peut-être plus optimistes qu’ils n’osent l’avouer ».

 

20 – Journal Direct Matin du mercredi 27 avril 2011 :

Des violences de plus en plus graves.

Le phénomène est récent. Les premières bandes de filles sont apparues au cours de l’été 2009. Pour la plupart mineures, en décrochage scolaire et originaires d’Afrique subsaharienne, elles sévissent au Forum des Halles (1er) et dans les gares.

Rien qu’en 2010, en Région Parisienne, ces groupes de filles ont été impliqués dans 149 interpellations pour de multiples actes de violence.

Leur objectif, en s’organisant de la sorte ? Sortir de leur quartier pour échapper au cliché de la fille soumise. « Comme tous les adolescents, elles recherchent une estime de soi dans leur groupe, car leur famille n’est pas capable de les aider ».

 

21 – Journal Métro du mardi 24 mai 2011 :

Les incidents se multiplient dans les établissements pénitentiaires pour mineurs, les personnels ont dénoncé leur « mauvais bilan » hier :

266 mineurs sont incarcérés au 1er mai 2011 dans les six établissements pénitentiaires pour mineurs implantés sur le territoire.

Derrière les enceintes des prisons pour mineurs, détenus, surveillants et éducateurs ne semblent pas au bout de leurs peines. Inaugurés en 2007, les établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) sont le théâtre de violences récurrentes et de contestations grandissantes. Hier matin, plusieurs dizaines de surveillants et éducateurs intervenants se sont mobilisés : « Nos collègues travaillent dans un climat de peur, et les violences se multiplient », expliquait Céline VERZELETTI, de la CGT-Pénitentiaire. Depuis leurs ouvertures les six EPM ont déjà connu 3 suicides de détenus. Les agressions envers les encadrants s’enchaînent. Au début du mois d’avril, une éducatrice était prise en otage à l’EPM de Meyzieu (Rhône). Peu après une surveillante de celui de Marseille était retenue par quatre détenus qui tentaient de s’évader…

 

22 – Journal Direct Matin du mardi 7 juin 2011 :

Pour que les problèmes de leurs enfants avec l’école ne laissent pas les parents face à un mur, il existe une médiatrice de l’Education Nationale. En 2010, 8000 plaintes lui sont parvenues, soit 17% de plus qu’en 2009.

 

23 – Journal Métro du jeudi 16 juin 2011

Des mineurs de plus en plus délinquants

Ile-de-France. La part des mineurs impliqués dans les faits de délinquance recensés à Paris et en petite couronne a augmenté de 4,9% sur les cinq premiers mois de l’année 2011 par rapport à 2010, a annoncé hier la préfecture de police de Paris. Près de 15.300 mineurs ont en effet été mis en cause dans des faits de délinquance sur un total de plus de 77.700 personnes, soit une augmentation de « 4,9% par rapport à 2010 », selon la préfecture.

 

24 – Journal Métro du mardi 21 juin 2011

Une collégienne battue à mort

Hérault : Une ado de 13ans est morte hier après avoir été agressée par le frère, âgé de 14ans, d’une élève avec qui elle était en conflit.

L’autopsie a révélé que sa mort n’était pas consécutive à sa chute mais à un coup de poing qu’elle aurait reçu au menton provoquant une hémorragie cérébrale.

Certes, le jeune garçon n’avait certainement pas l’intention de tuer sa victime, mais les deux systèmes éducatifs et le policier sont nettement mis en cause.

En effet, la sœur de l’agresseur avait elle-même été l’objet de menaces de la part de la victime pour un différent amoureux, et n’était plus revenue en cours depuis le 15 juin, par crainte de croiser sa rivale.

Nous constatons dès lors que ni le corps de l’éducation nationale ni celui de la Police n’ont pu faire régner l’ordre et la sécurité aux abords de ce collège et ce ne sont pas les condoléances que le Ministre Luc CHATEL est venu présenter qui masqueront les manquements de son ministère.

 

25 – Journal Spycho du 19 août 2011.

Emeutes en Angleterre d’août 2011, « Les ados ne sont plus contrôlés par leurs parents » dira un témoin.

 


26 – Journal mensuel PSYCHOLOGIES – septembre 2011

Philosophe Michela Marzano

Yes, I care !

Je sais que ce n’est pas à la mode, mais « I care ». Oui, je fais attention aux autres. Non, je ne peux pas me passer d’eux. Oui, je suis profondément convaincue que les autres ne peuvent pas non plus se passer de moi. Parce que, n’en déplaise aux cyniques, c’est un fait que nous dépendons tous les uns des autres, et que c’est la reconnaissance de cette dépendance qui rend possible le vivre-ensemble. Même si la dépendance n’exclut jamais la possibilité d’être autonome et libre. Quitte à tout mélanger et croire que l’autonomie implique l’autosuffisance. Certes, la logique de la compétition et de la lutte qui a dominé ces dernières années a cherché à nous convaincre du contraire. Mais les résultats catastrophiques sont bien là : notre société est aujourd’hui paralysée par la défiance et par la peur. Au lieu de nous ouvrir aux autres, nous nous crispons, sans comprendre que l’angoisse, tel un cercle vicieux, est un mécanisme qui ne cesse de s’auto-alimenter. Comment alors sortir de cet enfer qui détruit non seulement la solidarité, l’amitié et l’amour, mais aussi tout le lien social ? Justement, par le « care », le « souci de l’autre » : « Faire attention », « se soucier », « prendre soin » … tout à la fois de soi-même et des autres, comme l’expliquent bien Carol Gilligan, Joan Tronto et les autres théoriciens de l’éthique du « care ».

 

Le point de vue de CLAUDE HALMOS (psychanalyste)

A l’école, l’enfant rencontre les lois sociales

Ce serait aux familles d’éduquer, c’est vrai. Mais toutes ne le font pas, et l’enfant appelle à l’aide en mettant en scène à l’école ce qui n’est pas en place dans sa vie : il refuse de respecter les règles. Et face aux limites posées par les enseignants, souvent, ses parents le soutiennent. Si l’enseignant n’est pas maltraitant, cela n’est pas justifié et porte préjudice à l’enfant, car l’école est pour lui le lieu où il rencontre pour la première fois les lois sociales. Et il doit comprendre que, si l’on peut parfois « s’arranger » avec papa et maman, avec ces lois-là, on ne transige pas. Pour en sortir, il serait certainement utile que l’équipe enseignante rassemble, dès la rentrée tous les parents pour leur expliquer les règles en vigueur. Règles qui ne sont pas celles de monsieur X ou de madame Y, mais de tout l’établissement.

 

Sondage TNS Sofres pour Psychologies magazine effectué les 17 et 18 juin 2011 auprès d’un échantillon de 956 personnes représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18ans et plus, selon la méthode des quotas.

D’une manière générale, diriez-vous que les parents d’aujourd’hui exercent sur leurs enfants :

Trop d’autorité : 2%

Suffisamment d’autorité : 20%

Pas assez d’autorité : 76%

 

D’une manière générale, avez-vous l’impression que les parents d’aujourd’hui ou les parents autour de vous ont du mal à se faire obéir de leurs enfants ?

Oui : 81%

Non ; 18%

 

Et vous-même, avez-vous (eu) du mal à vous faire obéir de vos enfants (quand ils étaient plus jeunes) ?

Oui : 16%

Non : 83%

 

Entretien avec Claude HALMOS

Exercer l’autorité ne risque-t-il pas de nuire à la créativité de l’enfant ?

C.H. : Respecter les lois de la société n’a jamais empêché personne de créer. En revanche, ne pas les respecter, cela ne donne pas des créateurs, mais des adolescents à la dérive. D’ailleurs, la création suppose du travail, et le travail suppose de renoncer au principe du plaisir immédiat.

 

27 – « AGORA VOX » du 17 septembre 2010

Délinquance : le facteur culturel mis en évidence par un sociologue

 

Le sociologue Hugues Lagrange publie « Le Déni des cultures« . Un livre qui semble briser un tabou. Selon lui, le taux de délinquance varie en fonction de l’origine culturelle : ainsi, dans un même milieu social, la délinquance est beaucoup plus forte chez les Noirs d’origine sahélienne que chez les autres groupes. Suivent les Maghrébins, les Noirs hors Sahel et les Turcs. Les Européens et les Français (de souche) connaissent un taux de délinquance nettement plus bas.

 

Présentation de l’ouvrage sur Wikipédia : « Hugues Lagrange part du constat statistique qu’il y a, parmi les « mis en cause » dans les procès-verbaux de police judiciaire (antérieurement à toute décision judiciaire donc, sachant qu’une personne suspectée est présumée innocente), une surreprésentation de jeunes personnes issues de l’Afrique sahélienne, pour ensuite chercher les causes de ce phénomène. En plus de l’influence de l’origine sociale, il estime que des différences culturelles (mais pas ethniques) expliquent cette situation. Selon lui, les familles de ces jeunes « mis en cause » sont en difficulté financière, sans formation et avec une appréhension très limitée de la culture du pays d’accueil, ce qui affecte les jeunes à travers leur socialisation familiale. »

 

Les émeutes de 2005 ont fourni le point de départ de ses réflexions. Et le 7 juin 2006, le sociologue pouvait déjà déclarer au Monde : « Pendant les émeutes, beaucoup d’observateurs ont signalé que les jeunes Noirs étaient aussi nombreux que les jeunes Maghrébins. Cela traduit, en réalité, une surreprésentation, dans la mesure où les premiers sont quatre fois moins nombreux sur le territoire. Il ne s’agit pas d’un problème de couleur de peau mais des conditions dans lesquelles s’opère l’éducation de ces jeunes. »

 

Dans L’Express, Lagrange décrit aujourd’hui les difficultés que rencontre dans la société française un enfant originaire du Mali : « un enfant pauvre d’origine malienne a plus de risques de décrocher que les autres au primaire, par exemple. Certainement pas parce qu’il est noir, ni musulman, ni moins doué. Mais parce qu’il s’est construit autour de valeurs familiales bancales, que la plupart de ses voisins « de souche » ignorent. « Dans les familles subsahariennes arrivées récemment en France, près de 30% des hommes mariés sont polygames », constate sobrement le spécialiste. Les femmes sont aussi jusqu’à quinze ans plus jeunes que leur mari et ont chacune, en moyenne, entre 6 et 7 enfants. Lesquels sont, culturellement encore, généralement livrés à eux-mêmes avant d’avoir atteint l’âge de trois ans… Autant dire qu’ils entrent à l’école de la République désarmés. Faute d’encadrement spécifique, ils en sortiront détruits. »

 

Dans France Soir, il poursuit son analyse : « Dans les familles d’Afrique sahélienne, les fratries sont plus grandes (entre six et sept enfants) et l’écart entre les époux est plus important (le père étant souvent plus âgé). Or avec une fratrie plus étroite, comme dans les familles d’origine du golfe de Guinée, de meilleurs résultats scolaires sont associés. Avec un père plus vieux, ces familles souffrent aussi – à l’opposé de ce que l’on entend souvent – non pas d’un grand manque d’autorité mais d’autoritarisme patriarcal très fort. Les structures familiales autoritaires sont plus fortes s’il existe un grand écart d’âge dans le couple parental. Alors qu’au Mali, l’éducation est faite par le groupe et la collectivité, la femme est donc entourée de ses frères et de ses parents, elle subit moins de discriminations au sein de la famille et le père n’a pas besoin d’assoir autant son autorité. Or en France, l’adaptation de ces familles venues du Sahel fait que souvent ces jeunes femmes sont recluses chez elles avec moins de famille à leurs côtés et ne travaillent pas. Ce qui élève peu de sentiments de fierté chez leurs enfants. Seulement, l’une des conditions la plus répandue pour une réussite scolaire passe par le niveau culturel de la mère. »

 

28 – « Journal Alternatives Economiques » N° 306 d’octobre 2011

L’école va mal. Elle n’est plus une priorité budgétaire pour le pays depuis quinze ans déjà, et cette tendance s’est encore aggravée ces dernières années. Mais elle souffre aussi d’une culture élitiste qui aiguise la compétition et les inégalités. Les comparaisons internationales montrent pourtant que d’autres chemins sont possibles.

 

Suppression de postes, fermeture de classes, réduction des mesures de soutien…, la cure d’austérité que subit l’école déstabilise le système.

Moins de profs, plus d’élèves. C’est la délicate équation sur laquelle ont dû plancher les chefs d’établissement pour préparer la reprise des cours. Devant la presse, le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, a tenté d’en minimiser la difficulté :  » C’est un exercice compliqué, complexe, mais nous avons une très bonne administration à l’Education nationale, et la rentrée va bien se passer sur le plan administratif et technique « , affirmait-il le 5 septembre. Un optimisme qui n’est pas partagé sur le terrain. Côté enseignants, la rentrée 2011 a été particulièrement tendue, comme en témoigne la mobilisation du 27 septembre, soutenue par la plupart des syndicats du primaire, du secondaire et même de l’enseignement privé.

 

Le système éducatif français est marqué par de profondes inégalités. Et la situation tend à empirer.

L’école française est profondément marquée par les inégalités sociales. Les filières les plus valorisées, celles qui conduisent aux emplois les mieux rémunérés, sont trustées par les enfants du haut de l’échelle. Les enfants d’ouvriers (21 % des bacheliers en 2007) ne représentent que 6 % des élèves des écoles d’ingénieur et de classes préparatoires, et seulement 2 % des étudiants des écoles de commerce. A la rentrée 2010, les enfants d’ouvriers et d’employés – dont les parents forment près de la moitié des actifs – ne représentaient par exemple que 12 % des élèves de l’Institut d’études politiques de Paris (voir page 28). Cet élitisme social des écoles les plus recherchées n’est pas nouveau.

 

Dans les comparaisons internationales, le système éducatif français obtient des résultats très moyens. L’exemple finlandais et le redressement allemand montrent qu’il est possible de corriger les carences.

Au jeu des comparaisons internationales, la France est un élève de niveau très moyen. C’est la leçon tirée de la dernière enquête publiée par l’OCDE fin 2010 intitulée Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa). Tous les trois ans, elle évalue le niveau scolaire des enfants de 15 ans dans 75 pays. Si, en termes de performances en compréhension écrite, en mathématiques et en sciences, la France se situe au niveau de la moyenne de l’OCDE, elle est en revanche à la traîne en matière d’inégalités scolaires et d’équité sociale. Un constat confirmé en septembre dernier lors de la publication du rapport  » Regards sur l’éducation 2011  » par la même organisation.

 

Confrontée aux attentes démesurées des Français, l’école a du mal à remplir des fonctions aux finalités parfois difficilement conciliables. L’analyse de François Dubet.

N’a-t-on pas tendance, surtout en France, à attendre trop de l’école, à lui demander de résoudre tous les problèmes de la société ? C’est en effet l’une de nos singularités. Pendant la troisième République, l’école a joué un rôle essentiel : dans une certaine mesure, elle a été chargée de remplacer l’Eglise. Depuis, elle se trouve écrasée par cette fonction de salut : l’école est chargée de sauver la société. On attend d’elle qu’elle crée de la justice sociale, du développement économique, une conscience nationale, des citoyens autonomes, des prix Nobel.

 

29 – Journal Métro du mercredi 26 octobre 2011 :

Un collégien sur dix se dit harcelé

Mis à l’écart, frappés, rackettés ou obligés de jouer à des jeux dangereux … 10% des collégiens disent souffrir de harcèlement au sein de leur établissement. C’est le principal enseignement de la première enquête nationale, dite de « Victimation », menée auprès de 18 000 élèves et publiées hier par le ministère de l’Education Nationale.

 

30 – Journal Métro Paris du jeudi 3 novembre 2011

L’Allemagne et la Turquie ont célébré hier les cinquante ans de l’accord sur les « travailleurs invités »

Mais l’installation de ces immigrés turcs a posé des défis que la société allemande peine encore à relever.

Ces employés (immigrés turcs) bon marché ne sont pas considérés comme des immigrés mais comme des « travailleurs invités ». Une fois leur mission remplie, ils devront repartir. Pourquoi donc se soucier de leur intégration ? Au contraire les écoles offrent des cours de turc à leurs enfants pour mieux les préparer au retour. Le hic, c’est que ces « invités » sont finalement restés. Et l’absence d’une réelle politique d’intégration pendant des décennies a eu des conséquences désastreuses.

Certes, sur 2,5 millions de personnes d’origine turque dans le pays, les exemples d’intégrations de bonne intégration ne manquent pas. Mehmet DAIMAGÜLER en fait partie. Arrivé avec ses parents étant enfant, il a fait des études à HARWARD avant de devenir avocat. Mais ça ne l’empêche pas d’affirmer que « l’intégration est un échec ». Si lui a réussi, il constate que beaucoup de ses compatriotes se sont simplement « résignés ».

Certains chiffres sont éloquents : 30% des majeurs d’origine turque en Allemagne n’ont aucun diplôme. Et seuls 16% d’entre eux ont le bac.

L’Allemagne a toutefois fini par reconnaître ses erreurs. En 2005, elle a mis en place des « cours d’intégration ». Au programme : six cent heures d’allemand et quarante-cinq heures d’histoire du pays. Cependant, pour une réelle insertion des migrants, la population va aussi devoir y mettre du sien. Et ce n’est pas gagné. Selon une étude de l’université de BIELEFELD, un allemand sur deux juge qu’il y a trop d’étrangers dans le pays.

 

31 – Journal Direct Matin du mardi 23 novembre 2010

Voir l’avenir avec l’école de la deuxième chance

Entre 100 000 et 150 000 jeunes quittent le système scolaire sans diplômes ni qualification. En rupture scolaire et souvent familiale, ils peinent à trouver une place sur le marché de l’emploi. Mais des solutions existent (E2C – 3, rue de l’Est, Paris 20ème).

 

32 – Dossier du Journal « Le Monde » N° 413 de novembre 2011.

Pour 42% des français, les immigrés sont un problème

Selon une étude sur la perception de l’immigration en Europe, ce scepticisme reste stable depuis trois ans, malgré la crise.

Pour la troisième année consécutive, un sondage (German Marshall Fund/TNS Sofres) évalue les perceptions de l’immigration dans huit pays sondés : Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, Italie, Espagne Allemagne, Pays-Bas et France.

Dans chacun d’entre eux, 1000 personnes de plus de 18 ans ont été interrogées, du 27 août au 13 septembre 2010 en Europe, du 10 au 21 novembre 2010 outre-Atlantique. Il ressort que, malgré la crise économique mondiale, le scepticisme à l’égard de l’immigration n’a pas augmenté. La proportion de personnes considérant que l’immigration est un « problème » est restée à peu près la même dans les huit pays. Les plus méfiants sont les Britanniques (65%), au contraire des Canadiens (27%).

En France, la part de sceptiques est aussi restée stable (42%). Mais le pourcentage de sondés considérant que l’immigration est « une chance » est passé de 50%, en 2008 et 2009, à 38% en 2010. En détaillant, on apprend qu’en 2010, 55% des Français considéraient que les immigrés illégaux « augmentaient la criminalité » – contre 31% en 2009. Plus de 70% pensaient alors que les migrants l égaux étaient « travailleurs ». Ils ne sont plus que 53% en 2010.

 

En matière d’intégration, les Européens sont beaucoup plus inquiets que les Anglo-Saxons.

C’est aussi en France, Espagne et Allemagne que l’intégration des enfants d’immigrés est jugée le plus négativement.

 

Une discrète classe émergente

Comment s’intègrent les immigrés et leurs enfants ? Alors que certaines populations décrochent, une classe moyenne issue de la diversité émerge.

Des chiffres inquiétants : Le taux de chômage des immigrés est de 1,5 à 2 fois supérieur à celui des natifs français. Avec plus de 12% des immigrés au chômage en 2008, c’est l’un des plus élevés des Etats membres de l’Organisation de Coopération et Développement Economiques (OCDE). Et ces résultats ne sont pas meilleurs pour la deuxième génération. Ce constat se retrouve dans l’éducation. D’après la dernière enquête PISA menée auprès des plus de 15 ans dans les pays de l’OCDE, les élèves issus de l’immigration ont au moins deux fois plus de risques d’être parmi les « peu performants » . Une situation comparable à celle de l’Autriche ou de la Suède, mais près de trois fois moins bonne qu’au Canada ou en Australie.

Les populations d’origine africaine en décrochage. Avec l’essor des études fondées sur des statistiques ethniques, on sait désormais qu’il y a des différences importantes d’intégration selon le pays d’origine des immigrés. D’après une enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) du 16 novembre 2010, les descendants d’immigrés maghrébins ont plus de difficultés sur le marché du travail. Entre 2005 et 2009, leur écart de taux d’emploi avec les natifs français était de 20 points – contre 6 points pour ceux originaires d’Europe de l’Est. Cet élément se retrouve dans les enquêtes sur les dépenses sociales. D’après un travail mené en 2006 par Didier GELOT, secrétaire général de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion social, avec Claude MINNI, statisticien, les immigrés du Maghreb et d’Afrique subsaharienne représentaient pour chaque minimum social 11% à 13% des allocataires, « soit environ trois fois plus que leur poids dans la population des 25-64 ans ». Une tendance qui se confirmait pour leurs descendants.

 

Pour 61% des Français et 67% des Allemands, les musulmans ne sont pas intégrés.

Ils menaceraient l’identité nationale pour 42% des Français (40% des Allemands). Explication de l’IFOP : un contexte de plus grande visibilité de l’Islam.

 

33 – Journal Direct Matin du mardi 15 novembre 2011.

Les mineurs, auteurs mais aussi victimes

La délinquance des mineurs poursuit sa hausse selon la dernière enquête de l’ONDRP (Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales) qui doit être publié aujourd’hui. Cette étude sur les caractéristiques de sexe et d’âge des auteurs de crimes et délits a été menée a été menée pour la fois auprès des victimes. Elle révèle que près d’un vol violent sur deux relevés ces quatre dernières années est à mettre sur le compte d’un mineur. Les premières victimes semblent être les jeunes eux-mêmes, puisque 80% des 14-18 ans qui ont été victimes d’un vol violent ou d’un acte de menace, précisent que leur agresseur était mineur. Par ailleurs, la délinquance des filles est en pleine ascension. Le nombre de femmes mineures mises en cause pour des crimes et délits commis entre 2005 et 2010 augmente de 34%. « L’usage de la violence pour régler les conflits s’est banalisé chez les filles, on note un effet d’imitation des garçons », commente Christophe SOULLEZ, chef du département ONDRP. Si ces statistiques restent inquiétantes, les femmes mineures ne représentent au total que 3% des personnes impliquées pour des crimes et délits en 2010.

 

34 – Journal Métro Paris du mercredi 16 novembre 2011.

Vols violents : un auteur sur deux est mineur.

Etude : L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales a confirmé hier l’importance de la délinquance des mineurs dans les vols violents. « Près de la moitié des victimes affirment qu’au moins un des auteurs était mineur » en 2010, soit 49%, selon une enquête dite de « VICTIMATION ». Ce phénomène a toutefois enregistré, « pour la première fois depuis 2005 », une baisse de 2,4%.

 

35 – Journal «20 Minutes – Paris » du vendredi 18 novembre 2011.

Dur, dur d’être parent

Selon un sondage TNS Sofres pour le secrétariat d’Etat à la famille révélé hier, pour 56% des français ayant des enfants, la parentalité est vécue comme un rôle difficile à jouer. Au palmarès de leurs angoisses figurent les actes de violences qu’ils subissent, la consommation de drogues, la pratique de jeux dangereux, l’exposition aux dangers d’Internet et la consommation d’alcool

 

36 – Journal «Direct Matin – Paris » du vendredi 18 novembre 2011.

Le ministre de l’intérieur Claude GUEANT, hier sur LCI

« A Montfermeil et Clichy-sous-Bois, des communautés d’origine immigrée vivent selon des règles qui sont les leurs et ont peu connaissance […] des modes de vie de la France. »

 

37 – Journal «Le FIGARO » du mardi 22 novembre 2011.

Meurtre à Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) d’Agnès -13 ans violée et tuée par Mathieu 17 ans, déjà mis en examen pour le viol d’une collégienne en août 2010 dans le Gard : Les mesures d’urgence du gouvernement

Le gouvernement, qui veut « éviter que de tels drames se reproduisent », a annoncé des mesures dans la foulée de la réunion présidée par le premier ministre (François FILLON) […] Tout mineur auteur « d’un crime sexuel particulièrement grave » sera désormais « placé en centre éducatif fermé » jusqu’à son jugement. Le nombre de places dans ces centres va d’ailleurs être « augmenté de 50% », passant de 500 à 750 places.    

 

 

Environ 400 mineurs passent devant la justice chaque année pour des faits criminels, selon les données de la Chancellerie.

Viols en France : état des lieux

Evolution des faits constatés sur 5 ans.

 

  2005 2006 2007 2008 2009 2010
Viols sur mineur(e)s 5581 5341 5455 5643 5261 5388
Mineur(e)s mis en cause dans des affaires de viols sur mineur(e)s 1430 1417 1481 1678 1517 1566

 

 

38 – Radio « RTL » du vendredi 25 novembre 2011

 

Un garçon de 11 ans a été mis en examen jeudi à Versailles pour le viol d’une fillette de 6 ans, sa sœur de 12 ans pour complicité et leur mère de 45 ans pour « non-dénonciation de crime sur mineur… »

On évoque ici, le drame d’une famille déstructurée par l’absence du père.

 

39 – Radio « RTL » du vendredi 25 novembre 2011

 

La police de Nancy a interpellé, la semaine dernière, 11 jeunes filles, toutes mineures, sauf une. La plus jeune avait 13 ans ! Cette bande détroussait des lycéennes dans les rues… Les enquêteurs ont constaté que le cadre familial était bien souvent difficile : parents divorcés, famille monoparentale. 3 jeunes filles ont été placées en foyer. 4 ont été relâchées sous contrôle judiciaire. Les autres comparaîtront devant le tribunal correctionnel.
40 – « La Provence.com » du samedi 26 novembre 2011

Septèmes-les-Vallons : mis en examen à 13 ans pour le viol d’un enfant de 6 ans.

C’est presque une fatalité. Dans un lieu clos, censé protéger, où se concentre un lot de souffrances indicibles, l’explosion de violence est parfois inévitable même si elle est, peut-être, prévisible. Et lorsqu’elle met en scène un jeune adolescent de 13 ans et un petit garçon de 6 ans, la situation émeut autant qu’elle révolte, terrifie autant qu’elle pose question.

Le 19 novembre dernier, Pierre (1) a contraint le petit Anthony à une fellation. Dans l’enceinte de la maison de l’enfance et de la famille de Septèmes-les-Vallons, où tous les deux venaient d’être placés en urgence. Deux jours plus tard, à l’issue de sa garde à vue, Pierre était mis en examen pour « viol sur mineur de 15 ans ». Retiré du foyer, il était ensuite envoyé dans un centre éducatif fermé, avec une injonction de soins. Au-delà de l’horreur des faits, au-delà de cette insoutenable rencontre entre deux fragilités, une question lancinante demeure : est-il normal que Pierre, dont on avait décelé des troubles psychiatriques, ait été en contact avec d’autres enfants placés ?

 

41 – « TF1 NEWS » du 25 novembre 2011

INTERVIEW – Pour Arnaud Verhille, commissaire dans le 18e arrondissement de Paris confronté quotidiennement à la violence des mineurs, il existe un lien direct entre l’hyperviolence et le niveau culturel de ces jeunes.

 

Même si, pris dans son ensemble le niveau de délinquance chez les jeunes reste stable, il y a des faits qui choquent, comme la récente mort d’Agnès, adolescente de 13 ans violée et tuée à Chambon-sur-Lignon par un camarade de 17 ans, ou la mise en examen ce jeudi, dans les Yvelines, d’un garçon de seulement 11 ans pour le viol d’une enfant de six ans. Et il y a certains chiffres qui font froid dans le dos. Ainsi, Selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), le viol est la première cause de condamnation de mineurs pour crimes. En 2010, sur les 5.388 viols de mineurs, 40,9% ont été commis par d’autres mineurs.

 

Toujours selon l’ONDRP, entre deux et cinq mineurs sont tués par d’autres mineurs tous les ans et 46% des vols avec violence commis en France en 2010 l’ont été par un mineur. Et les filles mineures y prennent de plus en plus part (+ 34% en cinq ans), bien qu’elles ne représentent que 3% des mis en cause en 2010. Le commissaire Arnaud Verhille, chef du service d’accueil et d’investigation de proximité du commissariat central du 18e arrondissement du Paris, répond aux questions de TF1 News.
TF1 News : Sur le terrain, faites-vous le même constat que ce que rapporte l’Observatoire national de la délinquance ?
Commissaire Arnaud Verhille :
Mon constat est double, car paradoxal. Dans un premier temps, on note, d’une année sur l’autre, une certaine stabilité du nombre de mineurs impliqués dans la délinquance en générale. Ils représentent environ 20% des délinquants que l’on traite. Donc il faut faire attention à ne pas trop les stigmatiser.
Néanmoins, ce que l’on observe de plus en plus, c’est une disproportion totale entre le but poursuivi par le délinquant et la violence déployée pour l’atteindre. Concrètement, quand on veut arracher le téléphone portable des mains d’une femme d’une soixantaine d’années qui marche dans la rue et qu’on est trois ou quatre jeunes dans la force de l’âge en face, est-il nécessaire de la passer littéralement à tabac devant tout le monde avant de partir en courant ?
TF1 News : Dans quels types de faits sont-ils le plus impliqués et quel âge ont ces mineurs ?
A.V. :
Les vols et les violences constituent le gros des affaires. Les agressions sexuelles viennent ensuite. La délinquance violente était jusque là plutôt concentrée sur la tranche des 16-18 ans. Mais maintenant, elle concerne beaucoup la tranche des 13-16 ans. En dessous de 13 ans, cela reste beaucoup plus rare.

TF1 News : Quand vous les avez devant vous, au commissariat, ces jeunes ont-ils conscience de la gravité de leur hyperviolence ?
A.V. :
Vous touchez du doigt une difficulté majeure dans le cadre de nos auditions : que ce soit les policiers ou les psychologues on fait tous le constat d’une absence assez générale de représentation de la gravité de l’acte. Le respect de la personne ou des biens, ça ne leur parle pas. Ils ont un désir d’appropriation, donc ils l’exécutent, y compris de manière violente. La plupart sont dans un phénomène de bande ou de gang, ils s’inspirent des séries américaines pour se forger tout un imaginaire qui finit par les déconnecter de la société et les rendre totalement étrangers aux souffrances qu’une victime peut ressentir quand elle a été massacrée pour seulement 20 euros.

Ce n’est pas qu’ils n’ont pas de sentiment mais il y a derrière un problème de représentation d’une certaine morale que, normalement, l’on développe tous au sein de la famille. Et ce que l’on constate, c’est qu’il y a une carence parentale systématique derrière tout ça.
TF1 News : La déficit de l’autorité parentale, c’est le point commun de tous ces jeunes ?
A.V. : Pas seulement. Psychologues comme policiers, nous faisons un lien immédiat entre le niveau de violence exprimé par un mineur et son niveau de langage, c’est-à-dire sa capacité à exprimer les choses par des mots et donc à avoir une maturité intellectuelle. C’est assez flagrant. Cela fait que, pendant les auditions, le dialogue s’arrête souvent très vite. Ils sont méfiants de notre monde « construit », ils ont l’impression de ne pas être compris et sont, du coup, très agressifs.

Il peut s’agir de jeunes issus de l’immigration qui connaissent des problèmes d’insertion entre leur milieu familial, resté très traditionnel et, en même temps, la vie que l’on mène dans un pays comme le nôtre où il y a beaucoup de désir d’appropriation, ce qui entraîne des vols. Et il y a aussi beaucoup de mineurs auteurs d’agressions sexuelles qui vivent dans des structures familiales un peu anciennes, qui ont une représentation de la femme différente de la nôtre, où il y a parfois de la violence et où souvent, pour des questions de places ou d’habitudes, les frères et sœurs dorment ensemble par exemple. Tout cela se mélange dans leur esprit et produit de la délinquance ou de la violence sexuelle beaucoup plus tôt qu’auparavant.

TF1 News : Et comment expliquer l’augmentation de la délinquance chez les filles ?
A.V. :
C’est une façon pour elles de s’intégrer dans les quartiers, dans les groupes de garçons, d’avoir les mêmes choses qu’eux…

TF1 News : Quelle(s) solution(s) faut-il adopter selon vous ?
A.V. :
Beaucoup d’outils, y compris législatifs, existent aujourd’hui. Sont-ils vraiment adaptés à la violence que l’on décrit et au rajeunissement de la délinquance ? Ce qui est certain c’est, qu’à un moment donné, on ne peut pas faire l’économie d’extraire le mineur de son environnement et rétablir un peu d’autorité. Car tant qu’il sera confronté à des codes culturels parallèles, à des grands frères qui trafiquent et véhiculent des contre-valeurs ou à des parents qui ont des difficultés d’autorité, vous ne construirez rien avec ce mineur.

 

42 – « Journal TF1 : 20h00 » du 1 décembre 2011

Les ERS – Etablissements de Réinsertion Scolaire

Il y en a 17 en France, les établissements de réinsertion scolaire permettent aux élèves en difficultés une formation plus adaptée. Les effectifs des classes sont faibles. Sur les 152 élèves présents en ERS l’année dernière, 92 ont réintégrés un collège, 35 en CAP et 3 en lycée.

Des conditions de travail privilégiées 2 enseignants plus 2 éducateurs pour seulement 7 élèves.

 

43 – « Métro Paris» du mardi 13 décembre 2011

« Responsabilisons les familles »

Claude GREFF est secrétaire d’Etat à la Famille, elle souhaite que la loi permettant la mise sous tutelle des allocations familiales pour les parents défaillants soit mieux appliquée.

 

44 – « Direct Matin – Paris» du mardi 13 décembre 2011

« Suicide – Des chiffres inquiétants » – Pourtant faible, le chiffre interpelle.

Plus d’un français sur vingt (5,5%) âgé entre 15 et 85 ans avoue avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de sa vie, comme le révèle le bulletin épidémiologique de l’Institut de veille sanitaire (INVS) rendu public aujourd’hui. Si cette proportion reste stable depuis une dizaine d’années, les tentatives commises en 2010 (0,5% de la population) sont plus nombreuses que cinq ans auparavant (0,3%). Premières concernées par le phénomène, les femmes. Elles sont 7,6% à déclarer avoir une fois dans leur existence tenté de mettre fin à leurs jours, contre 3,2% des hommes. Elles sont plus nombreuses (4,4% contre 3,4%) à y avoir songé l’an dernier. C’est entre 15 et 19 ans, période de construction de la personnalité, qu’elles sont les plus vulnérables. Mais d’autres facteurs, peuvent favoriser une tentative de suicide. Il s’agit en premier lieu selon l’INVS, de violences subies dans le passé, qu’elles soient d’ordre sexuel ou non. S’y ajoute le fait de vivre seul, le chômage, ou un faible niveau de revenu.

 

45 – « Direct Matin – Paris» du vendredi 16 décembre 2011

« Programme national pour l’alimentation » – « Bien manger, c’est l’affaire de tous »

Pour Pascale Briand, Directrice générale de l’Alimentation, bien manger est devenu un véritable enjeu de société, au même titre que l’environnement.

 

Quelle est la marque de fabrique du Programme National pour l’Alimentation ?

C’est la première politique publique de l’alimentation lancée en France. Auparavant, jamais l’alimentation n’avait été inscrite dans la loi. C’est devenu un enjeu de société majeur, au même titre que l’environnement. L’objectif de cette politique, c’est de garantir à tous les français une alimentation sûre, équilibrée et de qualité. C’est une stratégie collective, qui associe les ministères, les collectivités et les acteurs privés, et c’est une stratégie transversale qui décline en 85 actions concrètes toutes les problématiques liées à l’alimentation sous le pilotage du ministère de l’Agriculture.

 

Quel est le constat qui a guidé ce travail ?

Il fallait innover pour réagir à plusieurs phénomènes : celui de la progression de l’obésité d’abord, même si elle est mieux contenue en France que dans d’autres pays développés ; celui de l’explosion de l’aide alimentaire, qui concerne plus de 3 millions de personnes dans notre pays ; celui de la perte de vitesse du modèle alimentaire français face à la standardisation des aliments et à l’uniformisation des comportements. Il y a une envie de goût, de qualité et de plaisir chez les consommateurs ; il y a aussi un besoin d’information grandissant sur les sujets alimentaires. Nous devons y répondre.

 

Qu’est-il prévu pour les plus démunis ?

Après plusieurs semaines de négociations avec l’Allemagne, Bruno Lemaire a obtenu la prolongation du programme européen d’aide aux plus démunis pour les deux prochaines campagnes. Au niveau national, nous avons mis en place des actions qui permettent de lier aide alimentaire et aide à la réinsertion, car c’est la bonne combinaison pour sortir de la pauvreté. Enfin nous allons lancer d’ici la fin de l’année une bourse aux dons en ligne qui permettra aux différents utilisateurs de déposer des offres ou des demandes de dons alimentaires, et d’accéder à différents documents facilitant leurs démarches.

 

Quelle est la nature des partenaires engagés dans le programme ?

Le PNA associe les ministères, les acteurs privés, les collectivités territoriales et le monde associatif. Nous sommes partis du principe que rien de durable ne pouvait se construire sans les acteurs locaux et la société civile. Une centaine de projets on d’ores et déjà été labellisés « Bien manger, c’est l’affaire de tous » (dossiers de demandes de labellisation disponibles sous http://alimentation.gouv.fr/logo-pna).

 

Selon vous, qu’est-ce qui est le plus important dans ce Programme National pour l’Alimentation ?

C’est la préservation du modèle alimentaire français, qui est fondé sur la diversité des aliments, l’équilibre des repas et la convivialité de la table. Ce modèle fait partie de notre identité et de notre culture. Nous devons le transmettre aux générations futures.

Propos recueillis par Lucie Laujard.

 

46 – « Journal TF1 : 20h00 » du jeudi 22 décembre 2011

La Diva des banlieues

Voici le portrait d’une diva au grand cœur. Malika Bellaribi Le Moal est cantatrice. C’est par le chant qu’elle s’en est sorti. Et c’est par le chant qu’elle espère à présent aider des jeunes de quartiers populaires à trouver leur voie.

Elle donne des cours gratuitement une fois par semaine à des enfants défavorisés, dans les Hauts de Seine, à Colombes.

Elle a vécu dans un bidonville à Nanterre et a appris le chant à l’hôpital :

« Les enfants sont les hommes de demain, et si on ne fait rien on n’aura pas une bonne société »

 

47 – « Journal 20 minutes » du vendredi 6 janvier 2012

Quand les enfants trinquent

« L’époque est ouvertement moins violente avec les enfants : on n’a plus le droit de les frapper, de les laisser mourir de faim. On idéalise leurs compétences, on les hyper responsabilise. On leur parle comme à des adultes, mais on oublie que ce ne sont que des enfants : émerge alors une formule plus subtile de violence sociale, mais réelle et mal prise en compte » conclut le pédopsychiatre Stéphane CLERGET.

 

48 – « Journal Direct Matin » du mercredi 11 janvier 2012

Les dons pour les Restos du Cœur se multiplient

« Après le cri d’alarme lancé fin décembre par les Restos du Cœur, les dons d’entreprises affluent en ce début d’années. Le Crédit Agricole et la Fondation BNP Paribas ont chacun donné un million d’euros, a-t-on appris hier. Leclerc a fait don de deux millions d’euros en nature aux Restos du Cœur, à la Croix-Rouge et au Secours Catholique. Les associations d’aide alimentaire estiment entre 5 et 8% la demande supplémentaire en 2012.

 

49 – « Journal Dossier Alternatives Economiques » du mois de janvier 2012

EDUCATION – L’école de l’inégalité des chances

A peine élu, Nicolas Sarkozy avait dicté une feuille de route ambitieuse à son ministre de l’Education de l’époque, Xavier Darcos. Il ne s’agissait rien de moins que de réhabiliter l’autorité et les savoirs, réformer le collège unique, remodeler les rythmes scolaires, lutter contre l’échec scolaire, augmenter la mixité sociale au sein des établissements et développer une culture plus poussée de l’évaluation. La ligne directrice était claire : faire mieux avec moins. Moins d’heures de cours, mais aussi moins d’heures d’enseignants. En contrepartie, les moyens devaient être mieux employés, grâce à un surcroît d’autonomie accordé aux établissements. Tandis que le métier d’enseignant devait être revalorisé, en élevant le niveau de formation et en augmentant le salaire des profs.

 

Des enseignants malmenés

Cinq ans plus tard, le système scolaire a été profondément bousculé. Comme prévu, la moitié des enseignants partant en retraite n’ont pas été remplacés, ce qui s’est traduit par la suppression de 66 000 postes dans la seule Education Nationale. Mais, dans le même temps, le nombre d’élèves est, lui, reparti à la hausse. Résultat : les classes sont de plus en plus surchargées, alors que la France se distingue déjà des autres pays de l’OCDE par un taux d’encadrement des élèves particulièrement bas, surtout en primaire. Pour absorber cette chute des effectifs enseignants, le gouvernement a renoncé à scolariser les enfants en maternelle dès deux ans (voir graphique).

En termes de revalorisation, les profs sont désormais recrutés au niveau bac +5. Mais cette réforme, qui avait surtout pour but de diminuer le nombre de postes en supprimant une année de formation rétribuée, s’est faite en sacrifiant le volet pratique et pédagogique de leur formation. Côté salaire, les nouvelles recrues ont bien été augmentées, mais pas ceux qui ont plus de huit ans d’ancienneté. Si bien que les enseignants français continuent de gagner moins que la moyenne de leurs homologues de l’OCDE.

 

La fin de la scolarisation à deux ans

 

Des élèves fragilisés

Autre réforme : La refonte des rythmes scolaires, avec la semaine de quatre jours en primaire instaurée en 2008. Mais celle-ci est désormais remise en cause, dans la mesure où cela se traduit par des journées trop longues et épuisantes pour les écoliers.

Par ailleurs, le gouvernement a assoupli – et non supprimé – la carte scolaire. Cette mesure était censée accroître la mixité sociale, mais c’est le contraire qui s’est produit : les élèves les plus favorisés ont quitté les établissements défavorisés et la ségrégation sociale a augmenté entre collèges. Pour lutter contre les inégalités sociales, le gouvernement a également mis en place 22 internats d’excellence accueillant 10 000 élèves issus de zones d’éducation prioritaire (ZEP), afin de leur offrir de meilleures conditions d’enseignement. Cela ne représente cependant qu’une très faible proportion d’élèves de ZEP, et risque d’accentuer les difficultés de ceux qui restent dans les établissements défavorisés. Le même problème se pose pour les établissements de réinsertion scolaires (ERS), destinés aux élèves perturbateurs.

L’autre maître mot du projet éducatif de la majorité a été l’autonomie. Elle a été accordée à l’université par la loi LRU et aux lycées avec la réforme de Luc Chatel. Mais elle se révèle pour l’instant largement illusoire, compte tenu du manque de marges de manœuvre budgétaires des établissements. Au-delà, accorder une plus forte autonomie, c’est prendre le risque de creuser un peu plus les inégalités entre établissements.

Au final, tous ces dispositifs qui visent à classer les élèves dans des filières ou des établissements spécifiques en fonction de leur niveau, de leur comportement ou de leur lieu d’habitation fragilisent un peu plus le collège unique. Pourtant, comme le montre les enquêtes PISA de l’OCDE, ce sont les pays qui ont préservé un socle commun au moins jusqu’à 15 ans qui ont les meilleures performances scolaires.

 

50 – « BFM TV » du mardi 24 janvier 2012

Sondage interactif sur le harcèlement à l’école

88% trouvent qu’il y a plus de harcèlement à l’école qu’avant.

 

51 – « Forum Instruire » du samedi 4 février2012, maison de la Chimie, Paris

Discours de clôture de François BAYROU

Nous croyons que les deux verbes, produire et instruire, sont étroitement liés, mais il y a d’autres choses en jeu naturellement dans l’éducation ou dans la formation que l’avenir économique pourtant si important du pays.

Il est d’autres choses en jeu parce que l’école, c’est la République. Les blessures à l’école, les échecs, ce sont des blessures et des échecs pour la République. Les élèves en échec, ce sont des échecs pour toute la société française et pour tout le projet national qui est le nôtre.

Quand la transmission est en panne, c’est une société tout entière qui est en panne et « une société qui ne transmet pas… » -la phrase de Charles Péguy a été citée par ma jeune collègue à la tribune- « … c’est une société qui ne s’aime pas ».

L’école, c’est la République et c’est, pour ceux qui ont souci des valeurs qui sont les nôtres, c’est le projet humaniste par excellence.

Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement l’économie, ce n’est pas seulement la capacité du pays, ce qui est en jeu, c’est l’épanouissement de chacun, non seulement l’épanouissement de l’esprit, mais l’épanouissement de tout l’être et de tous les êtres.

La France a des résultats très inquiétants : on recule en compréhension de l’écrit, on recule en mathématiques, on recule en sciences. On est presque le dernier des pays de l’OCDE en inégalités scolaires. La France, qui a été le plus grand système éducatif du monde, la France en est là ! Nous reculons, enquête après enquête, alors que les pays qui nous entourent progressent, enquête après enquête.

Je veux vous dire qu’il existe une stratégie pour rendre à l’école, de la maternelle à l’université, confiance en elle-même et confiance en la nation.

La fuite de nombreux élèves, le nombre de parents qui disent, même si ces phrases sont difficiles à entendre, mais je vais les dire devant vous : « Je choisis l’enseignement privé, même si je ne partage pas du tout les convictions de l’école catholique -par exemple- mais je le fais parce que je pense à mes enfants ! » J’ai entendu cela de la bouche d’enseignants de l’enseignement public qui étaient engagés profondément et pas du tout dans le sens de ce que l’école catholique représente !

Que disent ces parents ? Ils disent des choses très simples, et ce sont des choses qui doivent nous toucher et nous amener à réfléchir. Ils disent : « Je veux que mon enfant soit en sécurité physique et morale, je ne veux pas qu’il soit agressé, je veux qu’il apprenne quelque chose et cela m’est égal de payer si j’en ai les moyens, pourvu que ces années ne soient pas perdues et que mon enfant se sente bien dans l’enseignement qu’il reçoit. »

Ils disent qu’ils ne retrouvent plus dans l’enseignement public la sécurité qu’ils sont en droit d’y attendre, à la fois du point de vue du respect de l’élève, du point de vue de son bien-être et du point de vue de l’enseignement qu’il reçoit.

l’enseignement valide, c’est celui qui unit des connaissances solides avec une générosité chaleureuse que l’élève sent, que l’étudiant sent et qui leur permet de s’épanouir ! Voilà ma doctrine pédagogique !

Connaissances solides et épanouissement de la personnalité, l’un n’est pas contradictoire avec l’autre. L’un est l’appui de l’autre et même l’un sans l’autre, c’est l’échec assuré.

Troisième certitude : la clef première de la réussite de l’égalité des chances à l’école comme dans la vie, c’est la langue.

La langue, c’est l’émotion, la pensée, l’empathie, l’influence, c’est le pouvoir, l’analyse, parfois c’est le rire.

La langue, c’est le nécessaire et presque le suffisant. C’est l’accès à la langue qui efface les frontières sociales et culturelles et c’est l’inégal accès à la langue qui au contraire forme frontière et ferme frontière.

La langue doit donc être au sens propre la priorité puisqu’elle donne accès en même temps à l’univers des connaissances et à la force de la création.

Et il y a d’autres novations, mouvements. Je suis persuadé que l’école française souffre, non pas de la notation comme le croient certains, mais de n’exposer l’élève et donc sa famille qu’à une notation simplement négative.

Je suis persuadé que la valorisation méthodique des aptitudes des élèves, des qualités des élèves, même et surtout de celles, parmi leurs qualités, qui ne correspondent pas aux attentes classiques, les signaler au moins autant que leur insuffisance, cela serait pour eux, en tout cas pour beaucoup de ceux que j’ai rencontrés et même près, d’une grande efficacité.

Je suis persuadé que la mise en confiance de l’élève et non sa mise en défiance est une arme de progrès est un moyen pour faire progresser les classes dont vous avez la charge.

 

52 – « Journal Lacroix » du mardi 7 février 2012

Portait – Un philosophe pour les petits

Jean-Charles PETTIER, Professeur de philosophie et formateur IUFM.

Au dessus de son berceau, il n’y avait pas de bonne fée philosophique. Qu’importe, Jean-Charles PETTIER, ancien instituteur, a su contrer le destin. Après avoir repris des études de philosophie à 27ans, réussi le CAPES de philo dans la foulée, puis fait deux thèses, il sillonne aujourd’hui les terres de l’académie de Créteil pour initier les enseignants à l’art de mener des ateliers philosophiques avec les plus petits. Une idée encore neuve, qui a émergé dans les années 1990, « alors que la société commençait à s’interroger sur la fracture sociale, la violence scolaire et le retrait du religieux », rappelle-t-il.

Fac aux défis du pluralisme, la philosophie apparaît comme une fantastique boîte à outils. L’UNESCO la défend même comme une manière d’éduquer à la démocratie et au vivre ensemble. « La philosophie est une voie pour l’émergence d’une pensée complexe, contre la pensée simpliste, confirme Jean-Charles PETTIER, mais la complexité, cela s’apprend progressivement… » D’où vient ce que je crois ? Pourquoi ne pense-t-on pas tous pareils ? Ces questions, le tout-petit est capable d’y être introduit, dès la maternelle. « Il découvre alors que la différence est intéressante, pointe le philosophe. Au lieu d’être source de rupture, elle motive l’échange. Car si on pensait la même chose, il n’y aurait aucun intérêt à échanger ! »

« La complexité, cela s’apprend progressivement… »

Toute l’année, Jean-Charles PETTIER partage son savoir-faire aux enseignants. Il leur apprend comment distribuer la parole en classe, comment aider l’enfant à préciser sa pensée ou à lier la nouveauté que l’échange apporte à ce qu’il connaît déjà… Après des années d’apostolat, il juge que l’arbre porte du fruit. « Dès l’âge de 4 ans, on voit que les enfants qui ont pu être initiés à la philosophie prennent davantage en compte le point de vue de l’autre, souligne-t-il. Ils ont un raisonnement plus construit, savent se poser en médiateur. »

Face aux modes, le formateur reste toutefois vigilant. Il se méfie aussi bien de « la tentation d’un retour mythique à la morale de la IIIè République » que d’un respect mou des différences. « Pour les enseignants qui débutent, le danger est parfois de croire qu’il suffit d’accueillir toutes les différences, sans les questionner », regrette-t-il. Contre ce relativisme facile, lui défend « un apprentissage de la réflexion, de l’examen et donc de la critique ». Elodie MAUROT.

 

53 – « Journal Direct Matin » du lundi 5 mars 2012

Costumes et jupes de retour en classe

A l’image des britanniques, l’uniforme scolaire fait aujourd’hui son retour dans le collège-lycée public de Sourdun, près de Provins. … les tenues votées par les élèves, ont un coût de 250€, dont 80€ à la charge des familles. Le proviseur de l’établissement, Bernard LOCICIRO, a justifié ce retour à l’uniforme après une série de manquements au règlement intérieur sur le code vestimentaire, qui impose le port d’un « haut sans inscription », c’est à dire sans marque.

 

54 – « Journal Métro » du lundi 5 mars 2012

L’uniforme revient à Sourdun

Dès aujourd’hui, les élèves de l’internat d’excellence arboreront un uniforme pour venir en classe. La mesure est censée gommer les inégalités, lutter contre la surenchère des marques et favoriser l’intégration.

 

55 – « Journal Métro » du mardi 6 mars 2012

Uniforme de rigueur à Sourdun

Jupe ou pantalon noir et chemisier blanc pour les filles, pantalon noir, chemise blanche et cravate pour les garçons : les élèves de l’internat de Sourdun (Seine-et-Marne) portent un uniforme depuis hier matin. Cette harmonisation vestimentaire est censée combattre « La tyrannie des marques », selon le proviseur. Ce changement de tenue avait été décidé par le vote des parents et des élèves, en octobre dernier. 75% d’entre eux s’étaient alors prononcés en faveur de l’uniforme.

 


56 – « Journal Direct Matin » du mercredi 7 mars 2012

Jeannette BOUGRAB, secrétaire d’Etat à la jeunesse

« Le service civique est un atout »

Le service civique a deux ans.

Adopté à l’unanimité par le Parlement le 10 mars 2010, le remplaçant du service militaire a déjà attiré 20 000 jeunes de 16 à 25 ans. La secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Jeannette Bougrab, s’en félicite mais refuse toujours de le rendre obligatoire.

Quel bilan tirez-vous de ces deux premières années ?

C’est plus qu’un succès, puisque plus de 20 000 jeunes se sont engagés. Nous espérons en attirer 25 000 cette année et l’objectif est d’arriver à 10 % d’une classe d’âge (75 000 jeunes) en 2014. Je me réjouis que le dispositif soit repris par le candidat socialiste. Cela prouve que c’est un beau dispositif.

Ces chiffres représentent moins de 5 % d’une classe d’âge…

Cette montée en charge ne doit pas se faire au détriment de la qualité des missions. Il ne s’agit pas d’occuper les jeunes mais de leur donner une expérience humaine avec le service civique, qui sera un atout pour affronter les challenges de leur vie. Et je voudrais dire que ce n’est pas du temps perdu mais du temps donné aux autres avec générosité, qui devient petit à petit un atout sur un CV.

Quel est le profil des participants ?

Plus de la moitié, 56 %, sont des filles. C’est amusant quand on se souvient qu’elles étaient exclues du service militaire. Les jeunes ont en moyenne 21 ans et le niveau bac. Ce dispositif doit être accessible à tous. C’est pourquoi je me réjouis que France Télévisions diffuse à partir du 12 mars des courts-métrages qui mettent en scène des jeunes qui ont fait leur service.

Pourquoi ne pas le rendre obligatoire ?

Je ne suis pas pour la contrainte, d’autant que les jeunes aiment qu’on leur laisse le choix. Contrairement à l’image que les adultes peuvent avoir, les jeunes ont envie de donner. Ils savent que c’est avant d’entrer dans la vie active qu’on peut s’engager au service des autres pendant six mois ou un an. L’engagement, la générosité, le bénévolat font partie de l’équilibre de vie des jeunes.

 

LE SERVICE EN PRATIQUE

Pour qui ?

Le dispositif est ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans, sans condition de diplôme. Le jeune reçoit en échange une rémunération de l’ordre de 500 € par mois.

Comment postuler ?

Le site service-civique.gouv.fr permet de créer son profil et d’accéder aux milliers d’offres proposées auxquelles il faut ensuite répondre comme dans le cadre d’une recherche d’emploi.

Dans quel secteur ?

Les missions, qui durent de six à douze mois, couvrent tous les champs de la cohésion sociale. Depuis deux ans, 27 % des jeunes ont opté pour des missions de solidarité (en France ou à l’étranger), 18 % pour l’éducation, et 15 % pour la culture et les loisirs.

 

57 – « Journal 20 minutes » du jeudi 8 mars 2012

MONOPARENTALITÉ Une fondation veut alerter sur leur situation

DES FAMILLES FRAGILES OUBLIÉES PAR LA CAMPAGNE ?

LUCIE ROMANO

A 86 %, les personnes seules avec enfant souhaiteraient que leur situation soit davantage prise en compte dans la campagne présidentielle. C’est l’une des principales conclusions du sondage réalisé à la fin février par OpinionWay et dévoilé en exclusivité par 20 Minutes.

Des chiffres éloquents

Son commanditaire : Christine Kelly, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et créatrice de K d’urgences,

qui vient en aide depuis deux ans aux familles monoparentales en difficulté. « Le but de ce sondage, explique l’ancienne journaliste, c’est d’alerter les candidats sur les souffrances de ces familles. » Les chiffres sont éloquents : un tiers des familles monoparentales, soit 1,6 million de familles selon les dernières données (2009) de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) dispose de revenus inférieurs au seuil de pauvreté. C’est le cas d’un dixième des couples. Les mères seules et leurs enfants forment 85 % des familles monoparentales. Ces femmes subissent souvent un temps partiel. Christine Kelly, mais aussi des membres d’autres associations, alertent régulièrement sur leurs difficultés en matière de logement et de garde d’enfants. La présidentielle est l’occasion d’un coup de projecteur. L’Union nationale des associations familiales (UNAF) a préparé sa « plate-forme revendicative ». Pour Patricia Augustin, sa secrétaire générale adjointe, « il faut une politique familiale ambitieuse avec des mesures concrètes, pas seulement sociales ». Pour elle, la loi doit, par exemple, mieux encadrer le droit de visite ou la non-présentation d’enfants entre ex-conjoints. Un paragraphe consacré aux familles a trouvé sa place dans tous les projets présidentiels, mais il n’y a rien de spécifique sur la monoparentalité.

 

58 – « Journal Direct Matin » du lundi 12 mars 2012

ÉCOLE EN DANGER

La violence à l’école devient un problème majeur pour de nombreux parents. Chaque année en France, pas moins de 44 000 incidents graves sont signalés dans les établissements du secondaire. Racket, harcèlement, mais aussi pratiques dangereuses telles que le jeu du foulard – parfois dès la maternelle – sont autant de phénomènes qui inquiètent professeurs et parents d’élèves au quotidien. Le magazine Quartier général a enquêté sur la violence qui ne cesse de gagner du terrain dans les cours d’école. Les téléspectateurs découvrent notamment le combat de Catherine qui, depuis la mort de son fils Gaspard, 8 ans, victime du fameux jeu du foulard, arpente les collèges pour faire de la prévention. Les caméras sont également allées à la rencontre d’élèves, comme Jules, 13 ans, qui a été renvoyé de son collège pour avoir frappé un de ses professeurs au visage. Cet établissement représentait pourtant sa dernière chance d’intégrer le système scolaire.

 

59 – « Journal Métro » du lundi 12 mars 2012

Echec scolaire : des familles désorientées

Le constat. Un sondage OpinionWay pour les Apprentis d’Auteuil montre l’impuissance des parents face aux difficultés scolaires de leurs enfants. Le projet. La fondation invite les candidats à la présidentielle à se saisir du problème.

Exclusif. Il est urgent d’agir. A l’occasion des Rencontres pour la jeunesse en difficulté, organisées lundi 12 mars par les Apprentis d’Auteuil*, la fondation publie un sondage réalisé par OpinionWay dont Metro se fait l’écho en exclusivité.

Avec pour but avoué d’interpeller les responsables politiques à quarante et un jours du premier tour de la présidentielle, les Apprentis d’Auteuil ont voulu questionner les Français sur leur perception d’une jeunesse en crise.

Méthodes inadaptées
Pour une majorité des sondés, les deux causes principales de l’échec scolaire sont à rechercher du côté d’un environnement familial peu propice (46 %) et de l’inadaptation des méthodes pédagogiques par rapport aux besoins des élèves (45 %). « Ce n’est pas tant le manque de temps des parents ou leur désintérêt pour la scolarité de leur enfant qui posent problème que le manque d’outils pour agir », commente Hugues Cazeneuve, directeur de l’institut de sondage OpinionWay.

Devant ce constat d’une défaillance pédagogique, les Apprentis d’Auteuil ont cherché à comprendre, notamment, la faille ou l’insuffisance du noyau familial.

Pour une grande majorité des personnes interrogées, les parents manquent eux-mêmes de solutions et de repères pour éduquer leurs enfants (54 %) et, dans une moindre mesure, sont submergés par leurs propres difficultés (50 %). Ce sont les deux grandes explications à une incapacité d’assurer le suivi éducatif.

« Les familles manquent de solutions et de repères face à l’échec de leurs enfants. Elles ne peuvent y répondre seules, d’autant moins si elles se sentent elles-mêmes submergées par leurs propres difficultés », analyse Hugues Cazeneuve.

 

Prévention dès le plus jeune âge
Quelles solutions ? Développer les mesures de prévention de l’échec scolaire dès le plus jeune âge (57 %), individualiser les méthodes pédagogiques (51 %) et mettre en place des actions d’information et de sensibilisation des parents sur leur responsabilité éducative (44 %) sont les plus plébiscitées par les Français.

Quant à savoir si les candidats à la présidentielle ont su saisir l’ampleur du problème, le verdict est, là, sans appel : 59 % des sondés estiment que les programmes présidentiels ne prennent pas assez en compte les difficultés des jeunes et de leurs familles. Le message est lancé.

*Fondation catholique, reconnue d’utilité publique, Apprentis d’Auteuil accueille, éduque et forme plus de 13 000 garçons et filles en difficulté, de la naissance à 26 ans.

Méthodologie

Etude réalisée en ligne, selon la méthode des quotas les 1er et 2 mars 2012 auprès d’un échantillon de 1 021 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus.

 

60 – « Journal Métro » du lundi 12 mars 2012

La « phobie de l’école », ça s’apprivoise

En chiffres :

150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification,

300 000 enfants sont pris en charge chaque année par l’Aide sociale à l’enfance,

13 000 garçons et filles sont accompagnés par Apprentis d’Auteuil.

 

Reportage. Des bâtiments en brique derrière de hauts murs d’enceinte et une cour de gravier… Vu de l’extérieur, le centre Martin-Luther-King de Saint-Denis (93) a tout d’une école. Pourtant, ici, le mot « école » est proscrit. On n’y parle pas non plus de « cours » mais d’ »ateliers pédagogiques ». Les élèves sont appelés familièrement les « jeunes », et les surveillants sont des « éducateurs » aux allures d’agents de sécurité.

Inaugurée il y a deux ans, cette antenne de la fondation des Apprentis d’Auteuil accueille durant la semaine près de 44 garçons et filles entre 7 et 18 ans, qui ont été renvoyés de l’école. Placés par les services de l’Aide sociale à l’enfance, ces « jeunes à problèmes » sont suivis individuellement par des professeurs, chargés de les reconduire sur la voie de l’école « en douceur ».

Jardinage, cuisine et bricolage
« Notre but est d’abord de redonner confiance », résume Gérard Afanou, enseignant. Au programme : jardinage, cuisine, sport ou encore bricolage… Le tout suivant un emploi du temps personnalisé pour chaque enfant. « Pour ces jeunes, phobiques du cadre scolaire, il faut parfois passer par ces activités pour travailler les apprentissages indispensables, comme la lecture ou les mathématiques », commente André Altmeyer, directeur général d’Apprentis d’Auteuil. « Parfois, c’est sportif, s’amuse Claude Robo, directeur de l’établissement. Mais c’est aussi très gratifiant. Sans nous, ces jeunes seraient à la rue. »
Sur un petit lopin de terre, Tony, une tête blonde de 14 ans, s’adonne au jardinage. Renvoyé de l’internat de son collège l’an dernier, pour avoir fait « des bêtises », il se rend ici trois matinées par semaine depuis septembre. « J’aimerais venir plus souvent, glisse-t-il. Je suis bien ici, et j’ai fait des progrès. Je m’exprime mieux à l’oral. » Le reste du temps, il est à la charge de sa famille, avec qui « c’est compliqué », selon l’adolescent.

Fidèle des ateliers cuisine, auxquels il a pris goût en quelques semaines, il se met petit à petit à songer à son avenir : « Plus tard, j’aimerais être boulanger », annonce fièrement le garçon.

*Le prénom a été modifié.

 

61 – « Journal Métro » du jeudi 8 septembre 2011

« Gérer l’échec scolaire plutôt que faire redoubler »

Patrick Werquin, spécialiste de programme et consultant à l’Unesco, analyse pour Métro les raisons de l’échec de l’alphabétisation à la française, qui laisse 20% des élèves de côté.

 

En cette journée mondiale de l’alphabétisation (le jeudi 8 septembre), Metro a choisi de se pencher sur la situation en France, où 9 % de la population adulte ayant été scolarisée dans l’Hexagone est illettrée et où 15 à 20 % des élèves entrant en classe de 6ème en ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux. Patrick Werquin, spécialiste de programme et consultant à l’Unesco, analyse pour nous les raisons de cet échec de l’alphabétisation à la française.

Comment expliquer que 15 à 20% des élèves entrant en classe de 6e ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux et que 9% des adultes soient illettrés ?
Je vois deux problèmes fondamentaux en France : il y a ceux qui traversent le système scolaire avec une relative réussite car ils ne redoublent pas, mais qui ont un niveau de littératie (qui est l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante et au travail, ndlr) insuffisant. C’est-à-dire que, même s’ils ont un niveau décent à l’oral, ils ne maîtrisent pas les compétences de base à l’écrit. Le système échoue et à les détecter et à les aider à rattraper leur niveau. En ce qui concerne les adultes, il y a à la fois ceux qui sont allés à l’école mais qui y sont restés peu de temps – ce sont souvent des personnes âgées entrées sur le marché du travail à 16 ans – et qui ont des difficultés à se débrouiller dans la vie courante, comme lire les messages envoyés par le système de santé par exemple. Ils sont donc illettrés. Et il y a les populations immigrées qui maîtrisent parfaitement leur langue mais pas le français, car elles n’ont pas été alphabétisées en français.

Peut-on dire que le système éducatif français est en échec concernant un élève sur cinq ?
Sans faire de polémique, je pense que nous, Français, sommes globalement un peu trop enthousiastes par rapport à notre système éducatif. Il n’est ni mauvais ni en faillite mais il n’est pas intouchable, et assurément perfectible. Le recentrage sur les enseignements fondamentaux en primaire (initié en 2008, ndlr) n’est pas une mauvaise chose. Mais il faudrait aussi prendre conscience que le redoublement ne sert à rien d’autre qu’à stigmatiser les élèves en échec. Gérer l’échec scolaire est une meilleure idée que de faire redoubler.

Comment gérer cet échec qui parfois se cumule d’une année sur l’autre ?
Il faut une identification précoce des problèmes. Pour cela, il faut mieux former les enseignants à repérer les problèmes médicaux du type dyslexie ou dyspraxie, comme les élèves qui ne voient tout simplement pas bien au tableau.

La personnalisation des parcours – qui est le nouveau leitmotiv de Luc Chatel, le ministre de l’Education – vous parait-elle également être une piste ?
Oui, mais promouvoir la spécificité est difficilement compatible avec la diminution des effectifs… Certes, il n’y a pas de lien direct entre la dépense et la performance. Mais de toute évidence, la France a un problème d’efficacité d’utilisation des ressources.

Quelles sont les bonnes pratiques adoptées à l’étranger dont la France pourrait s’inspirer pour ne plus laisser près d’un élève sur cinq de côté ?
Il n’existe pas une solution unique. Il faut un ensemble de petites mesures qui, mises bout à bout, auraient un effet positif. Par exemple l’autonomisation des écoles, permettant aux chefs d’établissement d’affecter une partie des heures de leurs enseignants au suivi personnalisé d’un petit groupe d’élèves en difficulté. On peut aussi instaurer un tutorat entre élèves de différents niveaux. Selon moi, il faut éviter la spécialisation trop précoce des élèves et les mener le plus loin possible à des niveaux généraux les plus hauts. C’est comme cela qu’ils acquerront un capital social et des capacités d’adaptation, qui sont les atouts les plus valorisés aujourd’hui en entreprise.

Selon vous, les parents ont-ils un rôle à jouer ?
Oui, clairement. Il faut faire en sorte que les parents reviennent à l’école, car ils sont un facteur essentiel de réussite scolaire. Il faut donc donner des outils à ceux qui se sentent illégitimes dans une école. Une initiative existe, c’est la « mallette des parents » (expérimentée dans 1.300 collèges à travers la France en 2010, proposant à des parents de participer à des ateliers-débats avec les professeurs, ndlr). C’est une bonne pratique qui pourrait être multipliée, car elle a un effet positif d’entraînement sur toute la classe.

 

62 – « Radio RTL » du vendredi 16 mars 2012

Education nationale : 180.000 « décrocheurs » identifiés

Pour la première fois, le ministère de l’Education nationale vient de recenser les « décrocheurs », ceux qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme en poche. C’est une information RTL. Entre juin 2010 et mars 2011, 293.000 jeunes ont été dans ce cas. Parmi eux, 180.000 étaient « perdus de vue ». Personne ne savait ce qu’ils étaient devenus. Maintenant qu’ils sont identifiés, ces « décrocheurs » recevront individuellement des propositions de formation : stage par Pôle Emploi, alternance en CFA, insertion professionnelle par le biais des missions locales…

Jusqu’à présent, personne ne savait vraiment combien de jeunes sortaient du système scolaire sans diplôme ni qualification. Les chiffres qui circulaient tournaient autour de 150.000 jeunes chaque année. Désormais, le ministère de l’éducation a mis en place un système d’interconnexion et d’information entre l’Education nationale, l’enseignement agricole, les CFA, les missions locales, et Pôle Emploi.

 

63 – « Journal Métro » du vendredi 23 mars 2012

Alcool chez les jeunes : prévenir dès le collège

Santé

Le chiffre fait froid dans le dos : à 11 ans, 75% des jeunes ont déjà bu de l’alcool. Pour empêcher que cette expérience ne se transforme en addiction, il faut agir tôt. Dès le collège, selon le rectorat du Limousin qui a présenté hier le bilan d’étape d’un programme de prévention lancé en 2009. Basé sur l’estime de soi, il comprend discussions et implication des parents pour développer l’esprit critique et le bien-être des élèves. Plus de 1200 collégiens en bénéficient, entre la 6è et la 4è.

La prévention ponctuelle inutile

En deux ans, si la connaissance des effets de l’alcool a progressé, le bilan « psychosocial » reste timide : 78% des élèves sensibilisés se sentent capables de résister aux sollicitations extérieures contre 68% d’élèves d’un groupe témoin. Pour un bilan définitif, il faudra encore attendre un an, sachant que ces actions ne peuvent s’inscrire que dans la durée. « Ponctuelles, elles sont au mieux inutiles et au pire délétères, car elles augmentent la curiosité des enfants pour les produits dont on leur parle », explique Daniel Bailly, pédopsychiatre, spécialiste des conduites addictives.

En attendant, le phénomène progresse. « A 17 ans, l’ivresse régulière [plus de dix fois par an] touche 10,3% des jeunes en 2011, contre 6,5% des adolescents dix ans auparavant », explique Alexis Capitant, directeur général d’Entreprise et prévention, groupement de producteurs de boissons alcoolisées qui finance le projet.

 

64 – « Journal Direct matin » du mardi 3 avril 2012

VACANCES DES FRANÇAIS

UN ENFANT SUR QUATRE NE PART JAMAIS

Trois millions d’enfants n’ont pas eu le droit à des vacances l’an dernier. Ce qui veut dire qu’un quart des jeunes de 5 à 19 ans n’est pas parti en voyage pendant au moins quatre nuits de suite. Un chiffre stable depuis 2004, selon une étude de l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (OVLEJ), publiée hier. Sans surprise, ce sont les enfants de familles modestes, avec des revenus mensuels de 1 500 €, qui sont les plus touchés : 32 % de leurs enfants n’ont pas quitté leur domicile, même pour une nuit. Le manque de moyens demeure la principale cause de non-départ en vacances pour 67 % des parents, devant les raisons professionnelles

et l’incapacité de faire partir les enfants sans eux (15 %). Selon l’OVLEJ, pour des raisons d’économies, les jeunes partent aussi plus systématiquement qu’avant avec leurs parents (86 %, contre 80 % en 2004). •

 


65 – « Journal Métro » du mercredi 4 avril 2012

Rachida Dati : « Il faut refonder la politique d’intégration »

 » Une partie de la population a été mise de côté »
Ne pensez-vous pas qu’il y a quand même un problème d’intégration en France. Certains jeunes en difficultés ne se tournent-ils pas vers l’islamisme radical parce qu’ils se sentent rejetés par l’Etat français ?
Il y a un problème de politique d’intégration, c’est vrai. Il faudra un jour refonder pour ne pas dire fonder une réelle politique d’intégration. Elle ne peut plus simplement être fondée sur l’apprentissage ou la connaissance de la langue mais sur les valeurs républicaines. Il faut que ces jeunes, qui sont français, aient le sentiment d’appartenir à notre nation et qu’ils soient associés pleinement au destin de notre pays. Depuis 30 ans, par manque de courage et par irresponsabilité, les flux migratoires n’ont pas été maîtrisés et il n’a pas été mis en place de vraie politique d’intégration. Une partie de la population a été mise de côté et a été victimisée.

 

66 – « Journal 20h00 de TF1 » du mercredi 11 avril 2012

Mort de Raymond Aubrac le résistant :

A 96 ans Raymond Aubrac se révoltait encore :

 » Nous avons des jeunes à qui la société ne donne pas le sentiment qu’elle les attend, qu’elle a besoin d’eux et qu’elle va leur donner une chance de faire une vie normale »

Les jeunes générations, Raymond et Lucie Aubrac n’auront cessé de s’en soucier, des milliers de collégiens et de lycéens se souviendront de leur passage de leurs mots, les exhortant à ne pas oublier le passé et surtout à conjuguer le verbe « résister » au présent.

 

67 – « Journal Métro » du lundi 14 mai 2012

« Ce n’est pas une réforme qu’on veut faire, c’est une refondation de l’école de la République. Ca suppose d’impliquer tout le monde. »

Vincent PEILLON, sur Canal +, hier. Le socialiste est chargé de l’Education dans l’équipe de Hollande.
68 – « Journal Direct Matin » du mercredi 30 mai 2012

Pauvreté

Constat alarmant

La France pointée du doigt par l’UNICEF.

Selon un rapport du Centre de recherche international de l’organisation, publié hier, sur la pauvreté des enfants dans les pays « riches » la France arrive 14è sur 35. Un enfant sur dix n’a pas accès à au moins deux des quatorze éléments dits « normaux pour un enfant d’un pays économiquement avancé» (trois repas par jour, un lieu calme pour faire ses devoirs). Par ailleurs, l’Hexagone est l’un des seuls pays les plus riches à afficher un taux de 10% de pauvreté parmi les mineurs. « La situation est encore plus dramatique aujourd’hui. Le rapport se base sur des données de 2009 et ne tient donc pas compte des conséquences de la crise économique », s’alarme Nathalie SERRUQUES, responsable de la mission Enfance de l’Unicef. Pourtant championne de la dépense publique pour ses enfants (3,7 % de son PIB contre 2,2% pour la moyenne des pays étudiés, d’après le rapport), la France « a un problème d’efficacité, avec des dispositifs entassés sans évaluation », estime Nathalie SERRUQUES. L’organisation milite donc pour un droit à la compensation pour les enfants pauvres qui serait adapté aux besoins de chacun (aide scolaire, favoriser l’accès au sport …).
69 – « Journal du Conseil Régional de l’Ile de France » de juin 2012

Selon un sondage réalisé par téléphone pour le journal entre le 23 mars et le 4 avril 2012 sur un échantillon de 1006 personnes, représentatif de la population francilienne âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Les discriminations s’aggravent, disent les franciliens

La diversité de la région ne fait pas d’elle un territoire exempt de discriminations.

Une majorité de Franciliens (57%) – et surtout d’habitants de la Seine-Saint-Denis (78%) – ont le sentiment que les pratiques discriminantes ont augmenté ces dernières années. Pour les combattre, ils font confiance aux associations (75%), aux enseignants (72%), aux communes (59%) ou encore à la Région (58%).

 

70 – « Journal 20 minutes – Edition de Paris » du vendredi 1er juin 2012

Drogues

Des chiffres stupéfiants pour la France

C’est le fiasco des politiques répressives envers les jeunes.

Selon les résultats de l’enquête ESPAD publiée jeudi par l’Observatoire des drogues et des toxicomanies (OFDT), la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis des jeunes français scolarisés de 16 ans a fortement augmenté entre 2007 et 2011.

Le classement de la France s’est même détérioré par rapport aux autres pays européens, alors que ces derniers ont même souvent connu des progrès. Ainsi, les ados français reprennent la première place européenne en matière de consommation de cannabis et la deuxième pour les drogues illicites, hors marijuana (3ème rang en 2007). Près de 40% des jeunes, filles et garçons, ont reconnu avoir fumé au moins une fois dans leur vie du haschich et 63% avoir déjà consommé du tabac.

De bien mauvais résultats alors que le plan 2008-2011 de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) avait comme objectif de faire baisser les consommations de drogues.

 

71 – « Journal 20 minutes – Edition de Paris » du jeudi 28 juin 2012

Société La détresse infantile est souvent invisible

Les maltraitances sous-estimées – Delphine BANCAUD

« Il y aura un avant et un après Marina », indique Monette CANNAMELA, secrétaire générale de l’Enfant bleu. Aux lendemains de la condamnation des parents de Marina par les assises de la Sarthe, les associations de protection de l’enfance veulent lever le voile sur les maltraitances à l’égard des enfants. Un fléau largement sous-évalué, selon elles. Les derniers chiffres officiels datent de 2007 et proviennent de l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée : 20.000 enfants seraient maltraités en France chaque année. « Mais ces chiffres sont très sous-estimés car les départements, qui gèrent l’action sociale depuis 1986, ne font pas toujours remonter les informations. Or, selon The Lancet, qui se base sur plusieurs études, 10% des enfants seraient maltraités dans les pays occidentaux. Cela semble plus conforme à la réalité. »,  explique le pédopsychiatre Daniel ROUSSEAU, auteur d’un ouvrage sur le sujet (Les grandes personnes sont vraiment stupides, édition Max Milo, 2012)

Des Lacunes dans le repérage

Des chiffres minorés qui traduiraient aussi la difficulté à dépister les maltraitances.  « Les médecins, professionnels de la petite enfance et les enseignants ne sont pas suffisamment formés », constate Daniel ROUSSEAU. Autre écueil, selon Monette CANNAMELA : « Les assistants sociaux ne sont pas autorisés à entrer dans la maison, sans l’accord des parents. Les enfants sont rarement vus seuls et les visites prévues à l’avance. » Parallèlement, le numéro 119 pour signaler un enfant en danger reste méconnu du grand public. Enfin, les associations déplorent l’insuffisance des unités d’accueil médico-judiciaires dans les hôpitaux, qui permettent d’interroger un enfant seul et de recueillir, parfois, ses confidences.

 

72 – « RTL » du vendredi 31 août 2012

Des assurances pour les enseignants contre les agressions de parents d’élèves

A quelques jours de la rentrée scolaire, c’est un sujet qui, hélas, préoccupe les enseignants : des professeurs confrontés régulièrement à la violence des élèves, mais aussi – et c’est peut-être encore plus traumatisant – à l’agressivité des parents. Une assurance offre pour 40 euros par an à tous les personnels de l’éducation de se protéger. C’est une information RTL d’Armelle Lévy.

Pour 40 euros par an, La Maif propose aux personnels de l’éducation une assurance contre les agressions de parents d’élèves : coup de poing, injures, diffamation, harcèlement, dégradation de biens… Il paraît qu’il y a un vrai besoin ! Près de 500.000 personnes y ont déjà souscrit : 55% des enseignants et la moitié des personnels de direction.
Le contrat prévoit des indemnités en cas de violence physique, mais aussi un soutien psychologique quand les parents sont trop insistants.
73 – « Le Parisien » du mardi 11 septembre 2012

Emplois d’avenir : Sapin veut des contrats signés dès novembre

Le ministre du Travail et de l’Emploi Michel Sapin a défendu mardi devant les députés son projet de loi portant sur la création de 150.000 emplois d’avenir, dont 100.000 d’ici à 2013.

Ce projet de loi «répond aux urgences» en matière d’emploi, a déclaré le ministre, dont le calendrier s’est précisé et resserré, à l’instar de «l’agenda du redressement» fixé par le président. Il souhaiterait voir les premiers contrats signés dès le 2 novembre. Leur financement, estimé à 1,5 milliard d’euros par an, serait assuré par le «redéploiement des exonérations des heures supplémentaires», a-t-il ajouté.

«Il ne faut pas laisser à la gauche le monopole de la jeunesse»

Selon lui, les emplois d’avenir, qui vise à faire entrer les jeunes de 16 à 25 ans, peu ou pas qualifiés, sur le marché du travail, pourrait redonner «un espoir à une jeunesse trop longtemps laissée à l’abandon», à l’heure où 45% des jeunes non diplômés sont au chômage.

74 – « Direct Matin »  du lundi 17 septembre 2012

QUATRE AGRESSIONS ONT SECOUÉ LE CORPS ENSEIGNANT

PROF : UN MÉTIER À RISQUES

Plusieurs faits de violence ont entaché la rentrée. Ces actes peuvent traduire une attitude de défi des jeunes sur un corps enseignant désacralisé .

L’école est sous tension. Mardi, un professeur roué de coups à Bordeaux. Mercredi, une enseignante frappée près de Poitiers par une mère d’élève. Jeudi, une surveillante poussée et frappée à Marseille. Vendredi, un professeur giflé, de nouveau à Bordeaux. Pas moins de quatre agressions sont venues secouer la semaine dernière le milieu scolaire en pleine rentrée, avec toujours la même cible : le corps enseignant. Face à cette série préoccupante, les professeurs, démunis, s’inquiètent. Preuve en est : plus de la moitié d’entre eux ont souscrit pour cette année une assurance de la Maif qui les couvre face aux accidents et aux agressions. Et au-delà de leur intégrité physique, ils ont aujourd’hui des bleus à l’âme : «Il ne m’a pas cassé la gueule, mais il m’a brisé le cœur », témoignait le professeur agressé mardi, à propos d’un jeune homme qu’il appréciait pourtant particulièrement. Pourquoi en est-on arrivé là ? Plus qu’une «véritable augmentation des violences en milieu scolaire», Laurent Tramoni, secrétaire du SNES-FSU à Marseille, constate une «montée de l’incivilité (…) et des attitudes de défi par rapport aux enseignants». Pour Michel Fize, sociologue et auteur de Les bandes (éd. Desclée de Brouwer), elle provient de la dégradation des rapports humains à l’école depuis une trentaine d’années. «Dans les années 1980, explique-t-il, le professeur était encore l’autorité, il représentait le pouvoir. Il pouvait imposer son savoir. Une légitimité qu’il n’a plus aujourd’hui, car l’école est devenue aux yeux des élèves de plus en plus inutile, pouvant entraîner l’échec et l’exclusion. » Les enseignants ne sont par ailleurs pas les seuls à trinquer : d’autres corps de métier au service de la collectivité en font les frais régulièrement.

En attendant les APS

Face aux événements, le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, a décidé de se montrer ferme. Il a annoncé hier la création «dans les semaines qui viennent» d’un observatoire de la violence scolaire à l’intérieur du ministère. S’y ajoutera l’arrivée, d’ici à la fin de l’année dans les établissements «les plus exposés», des 500 assistants chargés de prévention et de sécurité (APS) promis au début de l’été. Un nouveau métier qui, même s’il viendra garnir les effectifs d’encadrement des élèves, ne convainc pas totalement. Le co-secrétaire général du Snes-FSU, Daniel Robin, estime ainsi qu’«augmenter la sécurité dans les établissements en les transformant en camps retranchés n’est pas une réponse éducative.» La voie à suivre, selon le sociologue Michel Fize, passe par l’amélioration des relations entre élèves, professeurs et parents grâce à un «surcroît de démocratie ». Les études montrent en l’occurrence que les établissements dans lesquels les élèves participent à l’élaboration du règlement intérieur sont par la suite moins exposés aux actes de violence. •

 

75 – « 20 minutes – Paris » du vendredi 21 septembre 2012

Travailler en ZEP expose davantage aux violences

DELPHINE BANCAUD

Les enseignants exerçant dans les zones d’éducation prioritaires (ZEP) seraient les plus exposés à la violence. Selon la première enquête* de victimation des personnels du premier degré, réalisée par la Fédération des autonomes de solidarité, ceux qui exercent dans les ZEP ont deux fois plus de risques d’être victimes de violence de la part de leurs élèves.

Un plus grand pessimisme

Concernant l’année 2010-2011, 17,2 % des personnels de ZEP ont été insultés 3 fois et plus, contre 9,7 % pour ceux qui n’y exercent pas. De même, 9,2 % des premiers ont subi des bousculades contre 4,7 % pour les seconds, 5 % ont été frappés, contre 3 % et 18 % ont été volés, versus 11 %. L’effet cumulatif est important puisque 13,6 % des membres de l’éducation prioritaire ont été soumis à une victimation répétée, contre 7,3 % n’est pas explosive, y compris dans les quartiers difficiles », tempère Eric Debarbieux, délégué ministériel de la prévention et de la lutte contre la violence à l’école, qui a dirigé l’étude. Mais ces violences ont des répercussions sur le moral des troupes, surtout sur celui des jeunes enseignants exerçant dans des zones défavorisées. Ainsi un enseignant sur 4 de ZEP ayant moins de six ans d’expérience, a une vision négative du climat scolaire. « Des données qui prouvent bien qu’envoyer des jeunes enseignants en ZEP est un non-sens », conclut Eric Debarbieux.

*Enquête réalisée en ligne d’avril à mai 2011 sur 11 820 personnels du premier degré.

 

76 – « Métro – Paris » du vendredi 21 septembre 2012

L’argent du Qatar se fait désirer

Banlieue

Où sont passés les 50 millions qataris ?

Depuis quelques mois, l’association des élus issus de la diversité (Aneld) s’interroge. Après avoir accueilli les élus à Doha en décembre dernier, l’émir du Qatar avait créé un fonds « pour les projets innovants en banlieue ». L’Aneld s’organise, reçoit des centaines de projets, dans des secteurs divers : transport de personnes handicapées, création de sociétés d’informatique, maintenance. Puis plus rien. « On nous a expliqué qu’il fallait attendre la fin des élections, explique Fouad Sari, élu Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV) dans l’Essonne. Mais pendant tout l’été on n’a eu aucune nouvelle de l’ambassadeur. » Depuis, les élus ont créé une pétition, qui a recueilli plus de 5 000 signatures. Ils doivent rencontrer Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif ce soir. Selon certaines sources, le fonds serait conservé « en l’état », mais « élargi ». Le ministère a confirmé la réunion, mais il n’a pas voulu s’avancer sur la destination des fonds. « Nous allons discuter avec les élus, mais également avec les autorités qataries », indique-t-on au ministère, tout en soulignant que « l’aspect économique des projets sera important ».

Pas de communautarisme

Un point sur lequel les élus seront très vigilants. « On veut être sûrs que cet investissement sera destiné aux quartiers sensibles. On a suscité beaucoup d’espoir, explique Fouad Sari. Nous laisser tomber, ça signifierait que la banlieue n’est pas une priorité. » Mais pas question de parler de communautarisme. « L’argent sera davantage destiné à un Romain qui habite à la Courneuve qu’à un Mohammed qui habite dans le XVIe ! », tranche Faten Hidri, élue du parti radical de l’Essonne. Les Qataris n’ont pas été les seuls à s’intéresser aux banlieues françaises. La Suède va créer un programme, YUMP, pour financer les projets innovants.

Cerise Sudry-Le Dû

 

77 – « Le Monde »  du mardi 25 septembre 2012

Banlieues : le « fonds Qatar » sera abondé par l’Etat et le privé

Le « fonds banlieue » financé par le Qatar voit ses contours et sa finalité retouchés. Par corrections successives, le gouvernement de François Hollande réoriente depuis trois mois cette initiative de l’émirat qui avait été annoncée fin 2011. Désormais cofinancée à parité par l’Etat français et le privé, elle ne sera plus exclusivement orientée vers le soutien des projets d’entrepreneurs des quartiers.

Le projet avait été annoncé le 9 décembre 2011 par l’ambassadeur du Qatar à Paris. Il s’agissait de lancer un fonds d’investissement de 50 millions d’euros destiné aux quartiers français en difficulté. L’annonce faisait suite à la visite d’une délégation de l’Association nationale des élus locaux de la diversité (Aneld) à Doha pour plaider la cause des banlieues françaises auprès du gouvernement qatari, avec lequel Nicolas Sarkozy entretenait des relations étroites. L’initiative avait immédiatement soulevé des critiques tant à droite qu’à gauche. Les banlieues, territoires délaissés, deviendraient-elles le terrain d’investissement d’une puissance étrangère, soupçonnée par certains de vouloir y faire du prosélitisme religieux ? L’élection présidentielle approchant, le projet avait été suspendu.

Une première réorientation avait été imaginée le 7 juin, lors d’une rencontre entre le premier ministre qatari Hamad ben Jassem Al-Thani et François Hollande. Pas question pour le nouveau président de la République de laisser croire que l’Etat français a besoin d’investisseurs étrangers pour venir au secours de ses quartiers déshérités. De leur côté, les autorités qataries, soucieuses d’éteindre la polémique, veulent effacer tout lien avec la banlieue.

Une première piste, suggérée lors d’un rendez-vous discret entre l’émir et Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif chargé du dossier, est alors esquissée : destiner le fonds aux PME. L’Aneld monte aussitôt au créneau, dénonçant « un détournement de fonds » par le nouveau gouvernement.

100 MILLIONS D’EUROS ABONDÉS À PARITÉ PAR PARIS ET DOHA

La deuxième inflexion est amorcée au cours de l’été et annoncée jeudi 20 septembre à l’Aneld par M. Montebourg. Le gouvernement réajuste le projet sur deux axes. Il s’agira désormais d’un fonds mixte non plus exclusivement qatari, doté de 100 millions d’euros abondés à parité par Paris et Doha et ouvert au privé. « Nous voulons décloisonner en y associant des entreprises françaises qui ont des intérêts économiques et commerciaux au Qatar », explique le cabinet du ministre.

Le fonds, qui est encore à l’état d’ébauche, n’aura plus d’affectation exclusive en banlieue mais sera destiné aux « territoires déshérités », intégrant les zones rurales. Il s’agirait de repérer les territoires ruraux ou urbains dans lesquels « il y a une énergie économique qui ne trouve pas d’investisseur », souligne un proche de M. Montebourg. « Pas question de dire que c’est à 50 % pour les banlieues », comme le laisse croire l’Aneld. « Jusqu’à aujourd’hui les demandes parvenues sont des petits projets qui vont de 1 000 à 15 000 euros. Vu l’importance des sommes en jeu, il faut gérer ce fonds efficacement avec des montants critiques », explique l’entourage du ministre.

Une commission d’attribution doit être mise en place pour juger de la pertinence des dossiers. Le ministère y associera l’Aneld mais aussi l’Association des maires de France (AMF) et l’Association des régions de France (ARF). Histoire de bien afficher qu’il ne s’agit plus d’un « fonds banlieue », sans renoncer à cet apport financier précieux en période d’austérité.

 

78 – « Métro – Paris »  du vendredi 28 septembre 2012

 

 

79 – « 20 Minutes – Paris »  du mercredi 10 octobre 2012

Leurs parcours scolaires diffèrent selon leur origine

DES CURSUS PLUS DIFFICILES POUR LES ENFANTS D’IMMIGRÉS

DELPHINE BANCAUD

Encore la preuve que l’école ne joue pas son rôle d’ascenseur social. Selon une étude de l’Insee sur le parcours scolaire des enfants d’immigrés publiée ce mercredi, ces derniers sont plus nombreux que l’ensemble des personnes de 20 à 35 ans ayant été scolarisées en primaire en France (18 % contre 12 %) à ne pas avoir de diplôme du secondaire (CAP, BEP ou bac).

L’impact de l’origine sociale

Ce taux atteint 32 % chez les enfants d’immigrés turcs, 24 % parmi les descendants d’immigrés algériens et 22 % parmi ceux d’Afrique subsaharienne. En revanche, ce taux est nettement plus faible parmi les enfants d’immigrés européens (12 %). Selon Pascale Breuil, chef de l’unité des études démographiques et sociales à l’Insee, « ces inégalités face à la réussite scolaire sont surtout liées à l’origine sociale ». Car le fait d’avoir des parents diplômés et appartenant à une catégorie sociale favorisée diminue fortement la probabilité pour les descendants d’immigrés de sortir du système scolaire sans le bac. « Ce qui prouve que l’école ne parvient

pas à réduire l’impact des différences sociales », souligne Pascale Breuil. Des inégalités qui se retrouvent aussi dans l’accès à l’emploi. Car selon l’Insee, en 2009, seuls 61 % des descendants d’immigrés d’Afrique avaient un emploi cinq ans après leur sortie du système éducatif, contre 82 % pour les descendants de

natifs de France. Et lorsqu’ils accèdent à un travail, ils occupent davantage un emploi précaire que leurs contemporains franco-français. Des difficultés qui ne se sont pas atténuées au cours des années.

 

Un sentiment de discrimination qui se transmet de père en fils

Le temps passe, mais le malaise demeure.

Selon une étude de l’Insee publiée ce mercredi, en Ile-de-France, 27 % des descendants d’immigrés et 27 % des immigrés déclarent s’être sentis discriminés au cours des cinq dernières années, contre 11 % pour le reste de la population. Un constat d’autant plus étonnant que les conditions de vie, de formation, d’accès aux emplois qualifiés ou de lieu de résidence sont globalement plus favorables pour les descendants d’immigrés que pour leurs parents.

Des chiffres qui cachent de grandes disparités selon l’origine géographique des immigrés et de leurs descendants. Ainsi ceux natifs d’Afrique subsaharienne s’estiment davantage victimes de discriminations (39 %), à l’inverse des personnes originaires du Portugal (8 %). Sans surprise, les hommes se disent davantage victimes de traitements inégalitaires que les femmes (20 % contre 17 %). L’âge joue également car les jeunes âgés de 26 à 29 ans déclarent deux fois plus fréquemment être discriminés que leurs aînés ou leurs cadets. Une situation qui s’explique car cette tranche d’âge est souvent confrontée à la recherche d’un emploi ou d’un logement, situations propices aux discriminations.

DELPHINE BANCAUD

 

80 – « Direct Matin  – Paris »  du jeudi 11octobre 2012

 

81 – « Métro  – Paris »  du jeudi 11octobre 2012

 

82 – « 20 Minutes – Paris » du mardi 20 novembre 2012

83% des jeunes pensent à s’engager dans une association

Le monde dans lequel les jeunes évoluent ne les satisfait pas. Et c’est sans doute pour cette raison qu’ils sont prêts à le changer. Interrogés lors du sondage, 83% des 18-23 ans pensent à « s’engager dans une action associative ». Mieux, 44% d’entre eux indiquent qu’ils ont déjà effectué des dons en faveur d’initiatives associatives malgré le contexte économique difficile.

 

83 – « 20 Minutes – Paris » du mardi 20 novembre 2012

« Quand on leur tend la main, ils sont prêts à tout »

Catherine FERRANT

Déléguée générale de la Fondation Total

 

La Fondation Total consacre l’un de ses quatre pôles d’activité à la jeunesse. De quoi les jeunes ont-ils besoin, aujourd’hui ?

Ils ont besoin d’être accompagnés. Mais avant d’être jeunes, les jeunes sont des enfants. Plus on s’y prend tôt, mieux c’est pour les accompagner. Il faut donner un contexte privilégié aux jeunes et aux enfants en difficulté. Quand on leur tend la main, ils sont prêts à tout. C’est cela qui fait toute la différence.

 

Quels types d’actions menez-vous en direction des enfants ?

Nous soutenons plusieurs associations comme Agir pour l’école qui œuvre dans le domaine de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Ou encore Apprenti’bus. Il s’agit d’un bus qui stationne dans les quartiers entre 15h et 18h. Les gamins qui ne savent pas quoi faire de leur journée peuvent y trouver des activités, des jeux et des éducateurs avec qui discuter. On arrive ainsi à les faire progresser alors qu’ils ont l’impression de s’amuser.

 

Qu’est-ce que cela apporte à Total, en dehors d’une image positive ?

Eh bien, par exemple, plusieurs de nos salariés parrainent des jeunes en difficulté. Moi-même, j’ai été la marraine d’une petite Andréa, âgée de 14ans. Avant de faire des activités ensemble, ses parents m’ont demandé pourquoi je voulais parrainer leur fille. C’était une excellente question. Parce que la rencontre avec Andréa m’a enrichie. Cela m’a permis de mieux comprendre les jeunes. Cela m’a aussi aidée dans mon travail. Il ne faut pas croire que ce type d’échange ne bénéficie toujours qu’à une seule personne. C’est donner et recevoir en même temps.

Propos recueillis par V.V.

www.fondation.total.com

 

84 – « Le nouvel Observateur »  du lundi 3 décembre 2012

 

Contre les actes d’incivilité, la SNCF veut créer un choc de citoyenneté

PARIS (AFP) – La SNCF veut prendre à bras le corps le problème des incivilités dans les trains et fait appel pour cela à la citoyenneté du public mais aussi à des mesures de prévention et répression des actes de malveillance qui empoisonnent quotidiennement la vie des usagers et cheminots.

 

« Les transports ne peuvent pas être un univers inconfortable, voire générateur d’anxiété », a déclaré lundi le président de la SNCF, Guillaume Pepy, lors d’un point presse au cours duquel il a détaillé le plan d’action de l’entreprise contre les incivilités.

 

Agressivité, malveillances, irrespect des autres sont la cible de la SNCF, pour qui les gestes répréhensibles vont des papiers jetés par terre aux cigarettes dans les trains, en passant par les brutalités verbales ou les signaux d’alarme actionnés de façon intempestive.

 

Parmi les nouveautés, le numéro clients 3117, jusqu’ici réservé à l’Ile-de-France, sera élargi à tout le territoire à compter du 1er janvier pour être une ligne d’écoute des usagers victimes d’actes irrespectueux.

 

Ce problème « est un problème de société assez français », a ajouté Guillaume Pepy, qui dit vouloir agir globalement sur ce fléau et inscrire son action dans la durée.

 

Aux mesures sur le terrain mises en place, comme la formation de 10.000 agents aux situations difficiles, s’ajoute une campagne d’information dans la presse et d’affichage dans les grandes gares de France dont le slogan est « Il n’y a pas de petites incivilités ».

 

La SNCF prévoit aussi d’agir sur la propreté à bord des trains. « La prévention consiste à faire du nettoyage pendant la circulation du train parce qu’un espace bien nettoyé est un espace respectable », a expliqué Guillaume Pepy. La SNCF consacrera en 2013 170 millions d’euros à ce poste.

 

Autre levier d’action : le recrutement d’une centaine « d’emplois d’avenir », sous la forme de médiateurs sociaux et qui interviendront le samedi après-midi et le mercredi lorsque les jeunes, les groupes sont dans les trains.

 

Pour ces personnels, il s’agira d’engager le dialogue et de dire « non, on ne fume pas dans le train, on ne met pas les pieds sur la banquette, on ne détériore pas le matériel parce que ce matériel c’est le vôtre », a ajouté le dirigeant.

 

Dans le but d’améliorer la relation clients et la qualité de vie au travail de ses agents, la SNCF a créé en septembre une structure dédiée, dirigée par Céline Debove-Postel, directrice déléguée à la prévention et à la gestion des incivilités.

 

Le volet répression est lui confié aux quelque 2.700 cheminots qui appartiennent à la sûreté ferroviaire, et dont la mission est aussi de verbaliser lorsque cela est nécessaire.

 

« Cela fait partie de leur métier que de mettre des amendes », a expliqué M. Pepy qui a rappelé le montant de certaines d’entres elles.

 

« Les pieds sur la banquette c’est 45 euros, fumer alors que c’est interdit c’est 68 euros et tirer le signal d’alarme sans raison, ce qui est le plus grave parce que ça perturbe des milliers de voyageurs, ça coûte entre 165 et 700 euros et peut être passible, depuis peu, d’une peine de prison avec sursis », a-t-il souligné.

 

Les associations d’usagers ont salué l’utilité d’une telle campagne en admettant aussi la responsabilité individuelle des usagers dans bon nombre d’actes de malveillance.

 

Mais elles ont aussi renvoyé la SNCF à sa mission de pédagogie. « Apporter aux voyageurs une information claire sur leur implication dans les retards permet aussi d’éviter les désagréments », a déclaré à l’AFP Fabrice Michel, porte-parole de la principale fédération d’usagers des transports (Fnaut).

 

85 – « Le Monde »  du mardi 4 décembre 2012

« En France, 23% des jeunes sont pauvres »

Le fossé se creuse entre les jeunes non diplômés – 46% d’entre eux sont au chômage – et les diplômés.

Le diagnostic est sévère, il place la ministre de la jeunesse, Valérie Fourneyron, qui voit « tous les indicateurs se dégrader », devant « l’impérieuse nécessité d’agir rapidement ». Fragilisation accrue, risques d’exclusion, creusement des inégalités entre jeunes sur fond de crise économique : le premier rapport de l’Observatoire de l’institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) sur la situation de la jeunesse en France, qui sera présenté, mardi 4 décembre, lors de rencontres organisées au Conseil économique, social et environnemental, vient rappeler au président de la République le bien-fondé de sa priorité affichée de campagne et l’urgence d’une politique publique à la hauteur des promesses et de l’enjeu. Un conseil interministériel se prépare sur le sujet, dans tous les ministères ; il devrait se tenir en février 2013. Des mesures fortes seront annoncées, promet Mme Fourneyron. Car les jeunes sont bien les premières victimes de la récession. Tous ne la subissent pas aussi violemment. Plutôt que le portrait d’une génération sacrifiée, ce rapport dessine la ligne de fracture entre deux jeunesses qui s’éloignent l’une de l’autre. Pascale Krémer

 

Selon les chiffres INSEE cités dans le rapport, le taux de chômage (2011) des 15-29 ans est de 9% pour les diplômés du supérieur, de 22% pour les titulaires d’un bac, CAP ou BEP. Mais de 46% pour les non-diplômés.

 

En France, le marché de l’emploi accorde une importance énorme aux diplômes. Les employeurs savent pertinemment que ces compétences académiques ne suffisent pas, qu’il faut aussi, pour être performant, des compétences sociales, relationnelles (savoir coopérer, interagir, argumenter …) que l’école ne confère pas. Mais les jeunes qui échouent à l’école ne les ont pas davantage. Or les emplois peu qualifiés ne se créent plus dans l’industrie, mais dans les services d’aide à la personne qui nécessitent ces compétences relationnelles. Si l’on vise la réussite de tous, leur transmission devra être l’un des enjeux de la réforme du système éducatif.

 

Chaque année, 140 000 jeunes sortent du système éducatif sans aucune certification, chiffre malheureusement assez stable. Selon la terminologie européenne, 15% des 15-29 ans sont NEET (Neither in employment nor in education and training). Ni en emploi ni en études ni en formation. Ils appartiennent massivement aux classes sociales les moins favorisées, sont souvent issus de l’immigration et résidents de zones urbaines sensibles.

 

Nous assistons à un renversement historique de tendance : les jeunes sont désormais davantage touchés par la pauvreté que les vieux.

 

Ces jeunes chômeurs sont aussi marginalisés sur le plan politique. Ils ne sont pas représentés, puisque l’UNEF ne parle que les étudiants. Nos études montrent qu’ils ressentent un grand sentiment d’abandon et d’amertume vis-à-vis des promesses de la République. Tous les ingrédients sont là pour que cela explose de nouveau, comme en 2005.

 

La France est l’un des pays d’Europe où le sentiment d’intégration de la jeunesse est le plus faible.

Nous vivons en gérontocratie, dans une société de vieux où seuls les jeunes des classes moyennes et supérieures s’en sortent grâce aux diplômes et aux réseaux. Car si les deux jeunesses, diplômées ou non, se retrouvent sur un point, c’est sur leur défiance vis-à-vis des systèmes de solidarité collective. Les uns comme les autres pensent qu’ils ne s’en sortiront que par la débrouille individuelle.

 

86 – « 20 Minutes – Paris »  du mardi 4 décembre 2012

« Education Vincent Peillon présente ce matin un plan sur le sujet »

Renforcer l’accompagnement

Pour prévenir le décrochage, la sociologue de l’éducation Marie Duru-Bellat suggère quant à elle d’intervenir dès l’école primaire, en épaulant les élèves les plus en difficulté. Pour Maryse Esterle, sociologue et enseignant chercheuse à l’université d’Artois, il faut aussi « repérer les mauvais lecteurs en 6ème et leur proposer un soutien scolaire ou un programme de formation particulier pour les aider à combler les lacunes ». La sociologue suggère aussi d’attribuer aux élèves susceptibles de décrocher « un tuteur enseignant pour suivre leur scolarité et les re-motiver ».

Des plans se succèdent …

« Beaucoup de mesures ont déjà été prises sur le sujet, mais elles manquaient de coordination et n’ont pas souvent été évaluées », souligne Maryse Esterle. Ainsi, l’efficacité des plates-formes de suivi et d’appui aux décrocheurs mises en place par Luc Chatel en 2011 n’a pas été mesurée.

 

87 – « Métro – Paris » du mercredi 5 décembre 2012

Des châteaux pour les sans-abri ?

Logement

« Madame Duflot s’est penchée sur les surfaces disponibles dans les administrations, les banques, les compagnies d’assurance, l’Etat ? »

Des lieus vides pour héberger des en urgence des personnes démunies, il en existe pourtant. Et pas des moindres : d’immenses bâtisses, situées notamment en Ile-de-France, sont disponibles. Le château de Fontenay-Lès-Briis (Essonne), par exemple, « propriété de l’Union des syndicats CGT de la RATP », comme l’indique une pancarte à l’entrée du domaine. « Entouré d’un parc magnifique de 74 hectares dont près de 40 hectares de forêts », indique le site Internet de la commune, qui précise que l’accès est « réservé aux agents RATP ainsi qu’aux habitants de Fontenay ».

Piscine couverte chauffée

Une dizaine de châteaux ont ainsi été répertoriés comme appartenant à des comités d’entreprises (CE) et des syndicats. Comme le CE d’EDF et GDF du département du Nord, qui s’avère être à la tête d’un patrimoine immobilier impressionnant. Outre le château de Cappelle-en-Pévèle, utilisé comme centre de loisirs pour les membres du CE (avec une piscine couverte chauffée et deux terrains de tennis), il détient les châteaux de Sainte-Croix, dans l’Ain, de Blomard, dans l’Allier, d’Agecroft, sur la Côte d’Azur, ou celui de Vaux, à Argenton-sur-Creuse.

La SNCF n’est pas en reste. Elle détient le château de la Bachasse depuis 1947 via son association de gestion des foyers de la région ferroviaire de Lyon. La base de données Mérimée du ministère de la Culture, qui recense le patrimoine architectural français, dénombre 10.092 châteaux. Et il ne s’agit que d’édifices classés ou répertoriés. Comme le rappelait Cécile Duflot, hier dans un entretien au Parisien, « Ces bâtiments ne peuvent plus rester vides ». MUSTAPHA SANDID.

 

88 – « 20 Minutes – Paris »  du mercredi 12 décembre 2012

MARIE-ARLETTE CARLOTTI Elle revient sur la conférence contre la pauvreté qui s’est achevée mardi

« AIDER LES JEUNES A TROUVER UN AVENIR »

Chaque année, 140.000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme. Pour répondre à cette situation, le gouvernement a annoncé mardi, à l’issue de la Conférence nationale contre la pauvreté, la création dès 2013 d’un contrat d’insertion destiné aux jeunes non qualifiés. La ministre en charge de la lutte contre l’exclusion détaille la mesure pour 20 minutes.

A qui s’adresse la « garantie jeunes » que vous proposerez en septembre ?

A des jeunes de 18 à 25 ans en situation de décrochage. Ils signeront avec une mission locale un contrat d’un an renouvelable pour suivre une formation, s’engager dans un contrat d’avenir ou de génération… Pendant leurs périodes d’inactivité, ils toucheront une garantie de ressources équivalente au RSA (environ 450€ par mois).

Les précédents dispositifs dédiés aux jeunes n’ont pas été très efficaces. Pourquoi celui-là le serait davantage ?

Le contrat d’insertion dans la vie sociale (CIVIS), qui vise à conduire les jeunes en grande difficulté vers un emploi durable, existe depuis 2005 et ne fonctionne pas bien. Car l’accompagnement du jeune n’est pas suffisant et l’aide financière assortie au CIVIS est très peu élevée. Le nouveau dispositif mettra davantage l’accent sur le suivi personnalisé. Et comme il repose sur la politique du non-abandon, le jeune pourra renouveler son contrat annuel tant qu’il n’aura pas fini son parcours d’insertion.

Vous lancerez ce dispositif dans dix territoires pilotes en 2013 avant de l’étendre. Comment seront-ils choisis ?

Il s’agira de territoires comptant beaucoup de décrocheurs et de jeunes sans emploi. Je souhaiterais que Marseille y figure, par exemple.

Quel sera le coût de ce dispositif ?

En année pleine, il devrait coûter près de 500 millions d’euros.

Les associations avaient demandé un assouplissement de l’accès au RSA pour les moins de 25 ans, pourquoi ne l’avez-vous pas mis en œuvre ?

Le RSA jeunes devait bénéficier à 130.000 personnes par an. Mais les verrous sont tellement importants que seuls 9.000 le touchent. Or, si nous avions décidé d’en assouplir l’accès, nous aurions encore laissé trop de jeunes, ne correspondant pas aux critères, sur le bord de la route. Nous avons préféré concentrer nos moyens sur la « garantie jeunes » qui en rythme de croisière permettra à 100.000 jeunes par an de trouver un avenir.

 

89 – « 20 Minutes – Paris » du jeudi 23 mai 2013

En France, un mineur sur dix ne voit plus son père après le divorce de ses parents. Vécue comme un abandon, cette absence est préjudiciable à l’enfant.

 

90 – « Métro – Paris » du vendredi 24 mai 2013

87% c’est la proportion d’enfants qui ignorent ce qu’est une betterave, selon l’Association santé environnement France, qui alerte sur la méconnaissance des légumes.

 

91 – « Direct Matin – Paris »  du jeudi 20 juin 2013

DROITS DES FEMMES

LA PRECARITE S’INSTALLE

La précarité touche les Franciliennes. C’est l’un des messages portés par le conseil régional, qui mène actuellement une campagne de sensibilisation sur l’égalité entre les sexes. Parmi les 12% de la population en situation de pauvreté dans la région, les femmes sont souvent les plus vulnérables. Selon les chiffres de la Caisse d’allocations familiales d’Ile-de-France, les femmes seules ou avec enfant représentent 42% des 611.000 foyers allocataires à bas revenus. A titre de comparaison, les couples et les hommes, surtout seuls, constituent respectivement 31% et 27% de ce type d’allocataires, dont les revenus sont généralement inférieurs à 800 euros par personne. La Seine-Saint-Denis concentre près du quart de ces allocataires, soit trois fois plus que dans les Yvelines. Isolement, enfant à charge … les raisons qui rendent les femmes plus vulnérables sont multiples. Par exemple, lorsque le parent d’une famille mono-parentales est isolé, il s’agit d’une femme dans neuf cas sur dix. La Mission d’information sur la pauvreté et l’exclusion sociale (MIPES), créée par l’Etat et la région en 2001, se charge d’informer le public et de réfléchir aux solutions à apporter. De son côté, le conseil régional met chaque année cinquante logements sociaux à disposition des femmes victimes de violences. Il consacre par ailleurs 15 millions d’euros par an à l’hébergement d’urgence.

 

92 – « 20 Minutes – Paris » du mardi 14 janvier 2014

HARCELEMENT

Quatre ans de calvaire à l’école

Un look de garçon manqué, des vêtements sans marque, des oreilles un peu décollées, une légère timidité… C’est pour ces quelques détails que Noémya Grohan va devenir le souffre-douleur de ses camarades du collège. Dans De la rage dans mon cartable*, qui sort mercredi en librairie, la jeune femme, âgée de 26 ans aujourd’hui, témoigne de son calvaire qui a duré quatre ans. « Deux filles ont commencé à me surnommer « Guizmo » [nom d’un personnage du film Gremlins], puis toute la classe a fini par me prendre en grippe et ensuite toute l’école. Pour eux, c’était gratifiant de s’acharner sur moi, ça leur donnait un sentiment de toute-puissance », raconte-t-elle à 20 Minutes.

« J’ai perdu confiance en moi »

Noémya est traquée par ses bourreaux en salle de classe, dans la cour, le bus scolaire, la cantine… sans que l’équipe pédagogique n’intervienne. « Les professeurs ont minimisé ce que je vivais. Ils pensaient sûrement qu’il fallait que j’apprenne à me défendre. Par leur silence, ils ont indirectement encouragé les autres à continuer à me harceler en toute impunité », analyse-t-elle. Isolée et stigmatisée, la jeune fille voit ses notes dégringoler et passe d’un établissement à l’autre sans pouvoir se stabiliser. Un traumatisme qui lui a laissé de lourdes séquelles : « J’ai perdu confiance en moi, j’ai connu plusieurs périodes dépressives et j’ai eu un mal fou à trouver ma voie professionnelle », explique la jeune femme qui, par l’écriture et le pardon, a réussi à panser ses plaies.

Delphine Bancaud

* Hachette témoignages, 11,90 €.

 

93 – « La Tribune – Acteurs de l’économie » du 29 juillet 2015

Le business des « colos », reflet de la fracture sociale

(auteur : Maxime Hanssen)

 

Le marché des colonies de vacances est en chute libre depuis plusieurs années. Le contexte économique est une des causes. Mais le marché est bouleversé par l’entrée de nouveaux acteurs qui souhaitent redonner du souffle à un modèle parfois jugé obsolète. Quitte à sacrifier la sacro-sainte « mixité sociale » historiquement prônée dans les séjours collectifs pour les enfants.

 

« Les jolies colonies de vacances. Merci maman, merci papa », chantait Pierre Perret. Cette comptine parait aujourd’hui bien désuète. Depuis plusieurs années, l’érosion du marché des « colos » est profonde. Entre 2007 et 2014, 200.000 jeunes en moins sont partis dans ces camps. Depuis 1995, le taux de départ des jeunes en colonie de vacances est même passé de 15 à 7,5 %. En conséquence, le nombre d’acteurs diminue. En Haute-Savoie,  » depuis 20 ans, un centre par mois ferme ses portes », assure Éric Botharel, directeur de la fédération des œuvres laïques du département. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette hémorragie initiée depuis la fin des années 1980.

Crise économique et normes contraignantes

La conjoncture économique est l’une des premières causes. Du côté des familles, la baisse des revenus a engendré une coupe dans les dépenses de loisir. Les sources de revenus pour les structures – le coût d’inscription des enfants – se sont ainsi fortement effritées.

Dans le même temps, les dépenses pour les centres se sont accrues, notamment à cause d’actes législatifs : « le coût lié à la sécurité, à la mise aux normes et aux formations ont explosé ces dernières années », souligne Jean-Claude Bissardon, président de Temps jeunes, l’un des leaders des séjours de groupe en région Rhône-Alpes.

L’association a réalisé un chiffre d’affaires en 2014 de 10 millions d’euros, en baisse de 10 % depuis trois ans, engendrant un déficit de 200 000 euros. Basées sur un ancien modèle à caractère patrimonial, les structures associatives supportent également un coût conséquent de leur acquis en pierre. Une politique de diversification a été mise en place par certains protagonistes pour assurer des revenus supplémentaires.

Des financements publics en baisse

L’autre versant du financement des frais d’inscriptions, les aides sociales, a sans cesse diminué.

« Alors que c’était une priorité après 1945, les politiques d’aides se sont atténuées. Dans les années 90, on constate la fin de l’universalisme des aides des colos, remplacé par un ciblage sur des populations précises à faible pouvoir d’achat « , analyse Isabelle Montforte, chef de projet à l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (Ovlej).

Cet effritement du soutien public s’est poursuivi au fil des années. Récemment, la baisse des dotations de l’État à destination des acteurs territoriaux, couplée à la réforme des rythmes scolaires à la charge des villes a continué d’amputer le budget des municipalités.

Métamorphose du marché

Au-delà de la conjoncture, le marché a également profondément changé. Initialement dominé par des structures associatives ou d’éducation populaire, le secteur des colonies de vacances a été pénétré par des entreprises. « Au début des années 2000, les acteurs privés représentaient environ 2 % du marché. Aujourd’hui, selon notre dernière étude, ils occupent 11 % du secteur », explique Isabelle Montforte.

Cette infiltration aurait eu un impact sur la nature de l’activité. « L’arrivée des entreprises n’a pas été une bonne chose. Elles ont pratiqué une forme de dumping dans les offres, s’éloignant des valeurs traditionnelles des colonies », estime M. Bissardon. « Une certaine course à l’affichage s’est mise en place, qui peut mettre en péril le projet éducatif initial », confirme Isabelle Montforte.

Perte de l’esprit initial

Du contenu traditionnel et ludique des activités des colonies de vacances, les offres ont explosé ces dernières années, répondant également à un changement des aspirations de la société et à une mise en concurrence accrue. Des colonies thématiques ont émergé, proposant des activités à haute valeur ajoutée et donc au coût plus important. Celui-ci est répercuté sur le prix de l’inscription. Les acteurs associatifs essayent de s’adapter à ces évolutions. Ils pratiquent un jeu d’équilibriste entre « proposer une offre attrayante tout en gardant [nos] principes pédagogiques », détaille Jean-Claude Bissardon.

« Les colonies de vacances, un marché comme un autre »

Cette mutation des petites structures vers le professionnalisme, afin de répondre aux nouvelles demandes, à contribuer à affaiblir une partie du secteur. « En voulant répondre au marché, nous sommes rentrés dans une professionnalisation de la structure organisationnelle et de l’offre difficile à assumer », analyse Louis Scano, président de l’association Soleil et neige, installée à Saint-Etienne. Cependant, les protagonistes associatifs sont conscients qu’ils doivent « repenser leur modèle ». Ils n’éludent pas non plus leurs responsabilités et leurs lacunes, notamment dans la communication et le marketing.

Face à la critique de leur arrivée sur le marché, les acteurs privés dénoncent un résonnement dépassé : « Ils se trompent de siècle. Il faut désormais répondre à une demande, à un marché », assure Cédric Javault, fondateur du groupe Destination découverte (38 millions d’euros de CA), qui, avec sa filiale Telligo, est l’un des leaders du marché français. Il rappelle également que certaines associations du secteur fonctionnent en réalité, comme des entreprises.

 » La mixité sociale, c’est du pipeau »

Ce changement de paradigme, adossé aux contraintes économiques et budgétaires, a des répercussions sur le caractère social des « colos ». « Désormais, les séjours collectifs sont, soit réservés aux classes très défavorisées, soit aux classes aisées. Entre les deux, il y a une sorte de no man’s land, car les classes moyennes ne peuvent plus offrir à leurs enfants ces vacances », estime un connaisseur du dossier.
Cette fragmentation du brassage social est totalement assumée par certains acteurs privés.

 » La mixité sociale, c’est du pipeau. La majorité des parents des classes aisées ne veulent pas que leurs enfants se mélangent avec des ados issus des quartiers populaires. C’est un reflet de la société. Regardez ce qu’il se passe dans les écoles ou les clubs sportifs », constate Cédric Javault.

Du reste, ce sont les séjours haut de gamme qui permettent de maintenir l’activité de son groupe.

Repli sur la sphère privée

Dans un contexte sociétal français compliqué, la colonie pourrait pourtant, selon plusieurs témoins, être une soupape de sécurité. « C’est un antidote au chacun pour soi, au renfermement, à l’apprentissage de la citoyenneté. C’est une école du vivre ensemble », plaide M. Bissardon.

Cependant, il ne faut pas sous-estimer également le repli volontaire sur la sphère privée.  » On constate que de plus en plus de familles ne souhaitent plus laisser partir leur enfant en séjour collectif. Les accidents, les sentiments d’insécurité font que des parents préfèrent garder leurs enfants à la maison », souligne une observatrice.

Plan gouvernemental

Ainsi, dans cette situation de crise, aussi bien économique que sociale, Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, a présenté un plan afin de ne pas reproduire dans les colonies de vacances,  » la fracture sociale qui existe déjà dans la société ».

Le projet #GénérationCampColo, a été lancé pour « proposer des séjours attractifs et accessibles », rappelle l’appel d’offres. Les projets retenus devront répondre à une série de critères – la citoyenneté, la mixité sociale ou l’ancrage dans le territoire. Ils pourront bénéficier d’un financement. Pour l’ensemble de l’action, 1,4 million d’euros sont déboursés par l’État. Patrick Kanner souhaite que ces projets aient « un caractère exemplaire afin d’attirer les financeurs privés pour les 42.000 colonies ». De quoi essayer modestement d’écrire un nouveau refrain populaire.

 

94 – « Les français et l’éducation des enfants » Sondage BVA pour Doméo et Presse Régionale publié le 28 février 2015 dans la Presse Régionale

 

L’observatoire de la vie quotidienne des Français : Les Français et l’éducation des enfants, Février 2015 Sondage réalisé par pour et LEVEE D’EMBARGO : SAMEDI 28 FEVRIER A 4H00 publié samedi 28 février 2015 dans la presse régionale

 

Fiche technique : Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet les 12 et 13 février 2015. Echantillon de 1035 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Recueil Echantillon Pour toute reprise totale ou partielle de ce sondage, il doit impérativement être indiqué qu’il s’agit d’un sondage BVA-Doméo-Presse régionale ou qu’il a été réalisé par BVA, pour Doméo et la Presse régionale. Aucune reprise de ce sondage ne pourra être dissociée de ces intitulés.

 

Note sur les marges d’erreur : Comme pour toute enquête quantitative, cette étude présente des résultats soumis aux marges d’erreur inhérentes aux lois statistiques. Exemple de lecture : Dans le cas d’un échantillon de 1 000 personnes, pour un pourcentage obtenu par enquête de 20%, la marge d’erreur est égale à 2,5. Le pourcentage a donc 95% de chance d’être compris entre 17,5% et 22,5%.

 

  1. Les Français très sévères sur l’éducation des enfants d’aujourd’hui :
  • 74% des Français jugent les enfants d’aujourd’hui en général moins bien élevés qu’à l’époque où ils étaient eux-mêmes enfants.
  • 85% des Français jugent la plupart des parents « pas assez sévères » avec leurs enfants,
  • En moyenne, les Français considèrent que les enfants devraient aller se coucher à 20h20 lorsqu’ils ont 6-7 ans ; à 20h50 lorsqu’ils ont 10-11 ans et à 21h40 lorsqu’ils ont 14-15 ans. Ils pensent aussi qu’ils devraient être autorisés à regarder la télé à 6 ans, à aller sur Internet à 12 ans, à avoir un téléphone portable à 13 ans, à avoir un compte Facebook à 15 ans et à partir en vacances avec des ami(e)s à 16 ans.

 

  1. L’école continue de très fortement diviser les Français :
  • 51% des Français pensent que l’enseignement à l’école est de mauvaise qualité, 48% pensent qu’il est de bonne qualité.
  • S’ils avaient un enfant et s’ils avaient le choix, 55% des Français préféreraient l’inscrire dans une école publique, contre 44% qui préféreraient l’inscrire dans une école privée. Mais si les sympathisants de la gauche seraient une écrasante majorité à préférer une école publique (82%), les sympathisants de la droite, au contraire, seraient une très large majorité à préférer une école privée (64%).

 

 

  • Les Français très sévères sur la réforme des rythmes scolaires et très hostiles à l’abandon des notes
  • 6 mois après sa généralisation dans tout le pays, 68% des Français considèrent que la réforme des rythmes scolaires dans les écoles a été « une mauvaise chose »
  • 73% des Français seraient opposés à ce que l’évaluation des élèves ne se fasse plus par des notes
  • L’Histoire -géographie, matière préférée des Français : A l’école, lorsqu’ils étaient enfants, les Français préféraient l’Histoire – géographie (27%), devant les mathématiques (25%) et le Français (21%). Ils étaient en revanche nettement moins nombreux à préférer les sciences naturelles (12%), les langues étrangères (8%) ou les sciences physiques (7%).

 

Eric BONNET, Directeur des études politiques BVA-Opinion Analyse détaillée

CSP+ : Catégories Socioprofessionnelles supérieures

CSP – : Catégories Socioprofessionnelles inférieures